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Le Parlement européen exige la libération immédiate d’Amadou Vamoulké

Le Parlement européen a adopté à une écrasante majorité une résolution condamnant l’escalade des persécutions contre les journalistes au Cameroun.

Cette décision renforce l’inquiétude internationale croissante face à la détérioration de la liberté de la presse dans ce pays d’Afrique centrale.

Adoptée le 3 avril, cette résolution exige spécifiquement la libération immédiate et inconditionnelle de cinq journalistes éminents : Amadou Vamoulké, Kingsley Fomunyuy Njoka, Mancho Bibixy, Thomas Awah Junior et Tsi Conrad.

Cette résolution, à laquelle le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a contribué par des informations et des actions de plaidoyer essentielles, met en lumière une tendance inquiétante aux arrestations, aux attaques, à la censure et à l’emprisonnement de journalistes au Cameroun.

Ces actions, souvent justifiées par de vagues accusations contre l’État, des accusations de diffamation criminelle et des accusations de diffusion de « fake news », sont particulièrement fréquentes dans le contexte de la couverture de la crise actuelle dans les régions anglophones du pays.

Le Parlement exprime sa vive inquiétude face à la « détérioration de la liberté de la presse au Cameroun » et constate que, si « la Constitution camerounaise reconnaît la liberté d’expression et les droits fondamentaux, les journalistes sont régulièrement victimes de détention, d’agressions, de censure et d’emprisonnement… ».

Schéma alarmant de violations des droits

Le Parlement européen s’est déclaré profondément préoccupé par le recours des autorités camerounaises à la détention provisoire prolongée, aux arrestations arbitraires et à la pratique alarmante consistant à juger des civils, y compris des journalistes, devant des tribunaux militaires. Il s’agit, selon lui, d’une violation flagrante du droit international et du droit à une procédure régulière.

« Le Cameroun a recours à la détention provisoire prolongée et à la détention arbitraire ; des journalistes sont détenus au secret et des condamnations sont prononcées par des tribunaux militaires, ce qui constitue d’autres violations graves du droit à un procès équitable et du droit à une procédure régulière », indique notamment la résolution.

« La police, la gendarmerie et d’autres agents du gouvernement camerounais ont arrêté, détenu, agressé physiquement et intimidé des journalistes, et une fois détenus, ces derniers sont souvent maltraités, torturés et tués. »

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Les cas des cinq journalistes cités offrent un aperçu de l’ampleur de cette répression. Les autorités ont condamné le journaliste chevronné Amadou Vamoulké à une lourde peine de 32 ans de prison pour mauvaise gestion présumée de la radiotélévision publique, malgré des informations faisant état de problèmes de santé.

Kingsley Fomunyuy Njoka, Mancho Bibixy, Thomas Awah Junior et Tsi Conrad ont tous fait face à des poursuites judiciaires et à de lourdes peines de prison pour leurs reportages sur la situation instable dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, notamment pour avoir documenté des abus présumés pendant le conflit armé.

Par ailleurs, la résolution aborde les meurtres non élucidés des journalistes Martinez Zogo, Jean-Jacques Ola Bebe, Samuel Wazizi et Anye Nde Nsoh entre 2019 et 2023, soulignant l’absence persistante de responsabilité pour ces crimes odieux.

Influence de l’UE et appel à l’action

Compte tenu de la position de l’Union européenne en tant que premier partenaire commercial du Cameroun, le Parlement a exhorté l’UE et ses États membres à exploiter activement leur influence diplomatique et économique pour promouvoir des améliorations tangibles en matière de droits humains dans le pays.

La résolution « appelle l’UE à user de son influence diplomatique et économique pour obtenir des améliorations tangibles en matière de droits humains au Cameroun ».

Elle les exhorte également explicitement à « libérer immédiatement et sans condition Amadou Vamoulké, Kingsley Fomunyuy Njoka, Mancho Bibixy, Thomas Awah Junior et Tsi Conrad et à garantir, dans l’intervalle, le respect de leurs droits fondamentaux et leur accès aux soins médicaux ».

La résolution appelle également la Commission européenne, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et les missions diplomatiques des États membres à réagir de manière proactive aux restrictions imposées aux journalistes, notamment en « assurant une observation complète des procès, en rendant visite aux journalistes en détention et en maintenant un contact actif avec les journalistes marginalisés ou en danger, ainsi qu’avec leurs familles et leurs collègues ».

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Le Parlement européen a fermement exhorté le gouvernement camerounais à « mettre fin à sa pratique consistant à juger des civils devant des tribunaux militaires, pratique contraire au droit international, et à cesser d’invoquer abusivement des accusations de terrorisme, d’atteinte à l’État et de “fausses nouvelles” dans les affaires contre des journalistes ».

Réitérant un appel précédent, le Parlement « appelle les États membres à soutenir une mission d’enquête du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies au Cameroun, notamment au vu du conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest » et à « faciliter les demandes de visa humanitaire pour les journalistes camerounais menacés de persécution ».

Regards braqués sur le Cameroun

Cette résolution ferme du Parlement européen envoie un message clair aux autorités camerounaises : la communauté internationale suit de près la situation et ne tolérera pas la poursuite de la répression de la liberté de la presse.

La demande de libération immédiate des journalistes détenus et l’appel à la responsabilisation constituent une étape importante dans la défense des droits des journalistes au Cameroun et le respect des principes fondamentaux de la liberté d’expression. Le Conseil, la Commission, le VP/HR, le Président, le Gouvernement et le Parlement du Cameroun ont reçu la résolution.

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