À Yaoundé, un réseau de jeunes dealers se faisant passer pour des élèves a été démantelé après plusieurs semaines d’incursions violentes au sein d’un collège bilingue.
Entre agressions, vols, trafic de stupéfiants et menaces d’enlèvement, l’affaire met en lumière les failles persistantes dans la sécurisation des établissements scolaires et l’ampleur inquiétante de la délinquance juvénile dans la capitale.
L’alerte est partie de l’Institut Bilingue Petou, où le surveillant général, excédé par des plaintes répétées faisant état de violences et de visiteurs en tenue scolaire, a sollicité l’intervention de la Première Région de Gendarmerie.
Les enquêteurs du Service des Recherches Judiciaires ont rapidement ouvert une procédure, mettant au jour un mode opératoire bien rodé : de faux élèves se glissant dans les salles de classe pour revendre du cannabis, intimider les jeunes et identifier de nouvelles recrues. Une stratégie inquiétante qui révèle la capacité croissante de certains groupes à se fondre dans le paysage scolaire sans éveiller immédiatement les soupçons.
Le chef présumé du gang, un jeune de 16 ans déjà connu des services de sécurité, a été interpellé le 10 novembre à Odza avant de passer aux aveux. Ses déclarations ont conduit à l’arrestation de cinq complices dans la nuit du 12 novembre, notamment aux quartiers Carrefour de l’Amitié, Mvan et Ekié.
Les perquisitions ont permis de saisir du chanvre indien, d’autres psychotropes ainsi que divers effets volés aux élèves. Selon le lieutenant Obama Adoumou Aloys Léonel, deux membres du groupe sont également des repris de justice et l’un d’eux gérait un « terre », zone de trafic notoire où les victimes étaient régulièrement dépouillées après les cours.
Les témoignages des élèves, glaçants, soulignent la brutalité de ce groupe qui n’hésitait pas à menacer de représailles toute tentative de dénonciation. L’un des cas les plus marquants concerne une élève dont le téléphone volé a servi à extorquer de l’argent à sa famille sous la menace d’un enlèvement.
Ce dossier, désormais entre les mains du Procureur de la République, rappelle crûment l’urgence d’un renforcement de la sécurité scolaire et d’une prise en charge sociale plus ferme pour éviter que de si jeunes délinquants ne basculent dans une criminalité de plus en plus structurée.
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