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Gabon : Sylvia et Noureddin Bongo condamnés à 20 ans de prison pour détournement de fonds

Le verdict est tombé à Libreville ce 12 novembre 2025 : Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin, respectivement épouse et fils de l’ancien président gabonais Ali Bongo, ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle.

La Cour criminelle spéciale les a reconnus coupables de détournement massif de fonds publics, de corruption et de blanchiment de capitaux, scellant ainsi l’un des procès les plus emblématiques de la lutte contre l’impunité au Gabon.

Selon le jugement, Sylvia Bongo a été reconnue coupable de recel, de blanchiment d’argent et d’incitation à la falsification, tandis que son fils Noureddin a été condamné pour détournement de deniers publics, usurpation de titres et association de malfaiteurs.

Outre la peine d’emprisonnement, les deux devront s’acquitter d’une amende de 100 millions de francs CFA chacun. Noureddin Bongo est en outre sommé de verser plus de 1 201 milliards de francs CFA à l’État gabonais en réparation du préjudice financier, tandis que mère et fils devront conjointement s’acquitter de 1 000 milliards de francs CFA pour dommage moral.

Ce jugement intervient plus de deux ans après le coup d’État du 30 août 2023, qui avait mis fin à plus de 14 ans de pouvoir de la famille Bongo. Arrêtés dans les jours ayant suivi le putsch, Sylvia et Noureddin avaient passé vingt mois en détention avant d’obtenir une liberté provisoire, leur permettant de s’exiler à Londres.

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Leur absence à l’audience n’a pas empêché la justice gabonaise de poursuivre la procédure, symbole de la volonté affichée du nouveau régime de rompre avec les pratiques du passé.

Mais si cette condamnation marque une victoire judiciaire, elle soulève aussi des interrogations. Certains observateurs y voient un procès politique destiné à conforter la légitimité du pouvoir militaire, tandis que d’autres y lisent enfin un signe d’assainissement du système gabonais.

Dans un pays où la corruption a longtemps été institutionnalisée, cette décision, historique à bien des égards, met en lumière les fragiles équilibres entre justice, politique et règlement de comptes post-régime Bongo.

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