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Enseignement supérieur : le décret de Paul Biya au tribunal

Constatant le déséquilibre entre la demande croissante de pragmatisme dans les politiques industrielles et la qualité de la main d’œuvre locale, les sociologues appellent à une gestion assainie de l’université camerounaise et plaident pour des transformations voulues plus que subies.

On parle encore des Sciences humaines et sociales (Shs) dans toutes les universités à l’ère de la technologie. Dans le but d’équilibrer les régions à l’aune de la décentralisation, le président de la République vient de signer un texte portant création de trois universités d’Etat dans les régions de l’Est, du Nord et du Sud.Un décret qui vient enfler la polémique autour du calqua qui parait soporifique.

Selon les analystes, si l’objectivation ici est le développement étatique de formes autoritaires de management en vue de maîtriser l’espace sociale, alors, l’incorporation dès 1999 du système Lmd (Système Licence-Masters-Doctorat), dans le patrimoine immatériel des savoirs pour façonner sa population, permet alors de lire cette désillusion du changement d’ordre politique.

« L’Etat camerounais n’a pas toujours une vision claire de la gouvernance des universités et des changements qui s’y produisent. Le plus dure n’est pas la création, mais alors l’équipement des laboratoires, passer des entrepôts aux amphithéâtres et surtout le productivisme de l’adéquation formation-emptoi. Le pays, a besoin des universités techno logiques et spécifiques »,déplore un chargé d’étude au Ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup).

Dans les faits, les protagonistes du gouvernement de l’académie, se retrouvent engagés au sein des controverses qui ne manquent pas d’interpeller au-delà du champ académique. La réforme Lmd en action génère ainsi, en ce qui concerne les transformations de l’Etats, des incertitudes parce que apparaissant comme un terreau de mise en scène de l’hégémonisme au cœur de sa rationalisation.

Là-dessus, les experts s’accordent à dire, qu’au lieu d’alimenter les tendances à la routinisation des comportements managériaux creux, inadaptés et nocifs, il faut encore questionner le bien fondé de l’université et adapter les facultés à l’écosystème dédié.

« Ayant vu le jour autour des années 1960 avec l’ambition de se construire en rupture avec le modèle coloniale, le contexte économique et politique n’a pas toujours été favorable. Lorsqu’on a saturé les sens au secondaire, arrivé à l’université on doit être outillé. L’université, est un incubateur en termes de recherche et d’innovation », explique le Dr Laurent Assipolo, linguiste.

Pôle d’excellence

Au Cameroun, les universités produisent des diplômes qui peuvent être de grande qualité, malgré des difficultés liées à leur structuration, leur gouvernance ou encore à l’évolution globale de la recherche mal aimée par le pouvoir dirigeant qui méprise ces travaux scientifiques.

Toutes choses qui s’expliquent par la combinaison de plusieurs facteurs : l’accroissement du nombre d’étudiants, passé de 375 397 en 2016 à 520 000 en 2018, dont 35 % dans le privé. Les évolutions des législations et de l’environnement physique et social ankylosés.

Statistiquement, on dénombre aujourd’hui onze (11) universités publiques au Cameroun. Cette offre est complétée par les instituts supérieurs d’enseignement professionnel. A cela s’ajoutent, selon le Minesup (données et enquêtes), plus de 300 instituts et universités privés et dont les conditions d’obtention d’autorisation de création dépendent de l’humeur du patron dudit ministère.

Le Messager

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