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Décès du militant du Mrc : Maurice Kamto fait le procès du régime

Dans un communiqué publié ce week-end il est virulent contre le régime de Paul Biya.

« Le décès en prison Ndagueho Koufouet, jeune homme solide, père de famille aurait pu être évité si le régime en place avait le moindre respect des libertés publiques et des droits fondamentaux des citoyens, s’il n’avait pas fait le choix démoniaque et irresponsable de piétiner les Camerounais désireux d’exprimer leur détresse, voire de les sacrifier à l’au- tel de l’accaparement perpétuel du pou- voir d’Etat », lit-on dans le communiqué produit pour annoncer le décès de celui qui était militant du Mrc de l’unité « Bravoure », de la fédération communale de Dibombari, fédération départementale du Moungo sud, fédération régionale du Littoral 2.

Dans la même verve qui a caractérisé le leader du Mrc au cours de la cérémonie d’inhumation de Rodigue Ndagueho Koufouet ce samedi dans le département de Mbamboutos à l’Ouest du pays et abondement relayée sur les réseaux sociaux, il est vent debout contre le pouvoir en estimant que la mort de son militant est un « assassinat politico-judiciaire ».

Et pour cause ? « Comment expliquer qu’en pleine épidémie de choléra, épidémie saisonnière dont on connaît fort bien le cycle, le gouvernement du Cameroun n’ait pas pris les dispositions nécessaires pour prémunir les prisons, en l’occurrence celle de Douala à la surpopulation carcérale chronique, où les détenus vivent dans la promiscuité, sans eau courante ni espaces d’aisance hygiénique ? », s’interroge-t-il comme pour accuser un peu plus les pouvoirs publics.

Par ailleurs, il accuse qu’aux yeux du régime, « la vie des per- sonnes détenues vaut bien moins encore que celle des animaux », ou que « les militants du Mrc, otages du régime, évacués dans les différents hôpitaux de la ville de Douala y sont pris en charge enchaînés à leurs lits. Comble de cynisme dans un pays qui proclame à cor et à cri son statut d’Etat de droit ».

Selon Maurice Kamto, si le prétexte qui a conduit à jeter les militants de son parti en prison était qu’ils voulaient empêcher la tenue des élections régionales, il s’étonne qu’après la tenue de ces élections, ils soient tou- jours incarcérés. Il s’agit à son sens d’une situation maintenue « pour assouvir la cruauté de quelques personnes qui contemplent, narcissiques, leur toute puissance somme tout éphémère ».

Les militants du Mrc à l’abattoir ?

Le leader du Mrc y voit un acte de « vanité qui s’ajoute la méchanceté, et l’humanité décline ». Tout porte à croire, écrit-il par ailleurs, que le régime a décidé d’ôter la vie aux militants du Mrc à travers des procédés à peine voilés. Bien plus encore, il affirme qu’en l’absence du moindre contre-pouvoir , « le régime a sombré dans la dérive et les excès, le règne du bon plaisir accompagné d’une violence inouïe tant physique que symbolique ».

C’est visiblement une perte qui a touché l’homme politique qui profite de la circonstance pour demander ce que font ses camarades en prison. « Cher camarade, tu as été contraint de donner ta vie alors que tu réclamais pacifiquement le respect de valeurs indispensables pour la réalisation du bien commun dans toute société portée par le souci de justice et de prospérité partagée. Notre patrie t’en est reconnaissante », écrit-il en guise d’adieu à son camarade qui s’en est allé à la rencontre de ses ancêtres suite au choléra qui sévit particulièrement dans le Littoral et le Sud-Ouest du pays.

Le Messager

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