fbpx

Cameroun Actuel

Cinq ans après l’explosion de la Sonara : enquête en suspens et défis persistants pour la raffinerie du Cameroun

Sonara

Cinq années se sont écoulées depuis l’explosion dévastatrice qui a frappé la Sonara, l’unique raffinerie de pétrole du Cameroun, le 31 mai 2019. Malgré l’ouverture d’une enquête commandée par le Premier ministre Joseph Dion Ngute peu après l’incident, les conclusions de cette commission restent enveloppées de mystère, laissant les Camerounais dans l’attente de réponses concernant les causes exactes de cette tragédie.

Initialement, l’explosion, qui a détruit quatre des 13 unités de production de la raffinerie à Limbé, était attribuée à un dysfonctionnement technique aggravé par des coupures de courant fréquentes. Cependant, l’enquête dirigée par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Esomba, n’a pas encore divulgué ses résultats, alimentant des spéculations et des inquiétudes persistantes au sein de la population.

Avant l’accident, la Sonara était sur le point de compléter sa deuxième phase de développement, visant à raffiner du brut local ou lourd en plus du brut léger pour lequel elle avait été initialement conçue. Cette expansion aurait renforcé l’indépendance énergétique du Cameroun et réduit la dépendance aux importations de produits pétroliers.

À la suite de l’incendie, le gouvernement a dû prendre des mesures urgentes pour importer des produits raffinés afin de répondre à la demande intérieure, aggravant ainsi les difficultés économiques déjà présentes dans le secteur. La reconstruction de la raffinerie a été estimée à 270 milliards de FCFA, et des pourparlers ont été engagés avec Lukoil, une société énergétique russe, pour soutenir ce processus de reconstruction.

Malgré les prévisions optimistes pour une reprise progressive des opérations d’ici 2024, la Sonara, détenant 80 % du capital national, a continué de représenter un fardeau financier significatif pour le Cameroun, impactant non seulement l’approvisionnement en carburant mais aussi la stabilité économique du pays.

La suspension du Cameroun de l’Initiative pour la transparence des industries extractives a également soulevé des questions sur la gouvernance et la transparence dans le secteur pétrolier. Les retards dans la publication des conclusions de l’enquête et l’absence de poursuites judiciaires contre ceux impliqués dans des affaires de corruption liées à la vente de pétrole illustrent les défis persistants auxquels est confronté le secteur pétrolier camerounais.

Dans ce contexte, les Camerounais continuent d’attendre des réponses claires et des actions concrètes pour assurer la sécurité et la transparence dans l’industrie cruciale de l’énergie du pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dernières nouvelles

Suivez-nous !

Lire aussi