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Célébration de vie : Bernard Njonga, l’âme immortelle de la société civile

A l’initiative du Service d’appui aux initiatives de développement local (Saild), une messe d’action de grâce a été dite dimanche 20 février dernier à Yaoundé, en hommage à cette grande figure du monde paysan au Cameroun et en Afrique.

Ingénieur agronome de formation, rendu célèbre par son activisme pour la souveraineté alimentaire du Cameroun, Bernard Njonga s’est éteint dans la nuit du 21 au 22 févier 2021, à l’âge de 66 ans. Il a succombé de suite de maladie alors qu’il était en évacuation sanitaire au Chu d’Amiens, en France, a-t-on appris de diverses sources proches du décédé.

Ainsi s’est achevée la vie d’un défenseur du monde rural. En effet, au bout d’une longue activité de plaidoyer et de lobbying enclenchée en 2003 dans l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic); et après plusieurs séjours dans les geôles de la police à l’occasion des manifestations publiques ; puis une pléthore de reportages radiotélévisés sponsorisés sur le déclin de la filière avicole au Cameroun, Bernard Njonga est celui qui aura obtenu du gouvernement, en mars 2006, l’interdiction des importations de poulets congelés dans le pays.

Des mois plus tard, constatant le renchérissement du maïs sur le marché, il s’intéresse à la destination des financements liés au « projet mais » du ministère de l’Agriculture et du développement rural, mis en place pour doper la production de cette céréale qui constitue 70 % de la provende, l’aliment des poulets de ferme.

Le Cameroun doit également à cette figure politique, la révélation du scandale autour des tracteurs « Sonatika », dont l’usine de montage et des centaines d’engins prêts à l’emploi sont jusqu’à date abandonnés dans les hautes herbes à Ebolowa, région du sud-Cameroun. « Aucune place à l’intimidation. La lutte doit se poursuivre… » a martelé Ernesto Yene, fidèle disciple du défunt, lors de la messe d’action de grâce y relative, organisée le 20 février dernier à Yaoundé.

Un destin établi En bref, le destin de Bernard Njonga ne lui aura pas permis de transformer le Cameroun en 4 ans au moyen du développement de l’agriculture, comme il aimait à le dire. Il aura plutôt marqué son époque pour la défense de la production agricole locale et la souveraine alimentaire de son pays.

Jeune bachelier à la fois reçu au concours d’entrée à l’Ecole d’aéronautique d’Alger (Algérie), au Centre universitaire des sciences de la santé (Cuss) et à l’école nationale supérieure d’agriculture de l’époque (Ensa), Bernard Njonga, mu par sa passion pour l’agriculture, préférera une formation d’ingénieur agronome, au détriment de celle de médecin ou d’ingénieur de l’aéronautique civile.

A la fin des années 30, le néo-démissionnaire de la fonction publique crée le Service d’appui aux initiatives de développement local (Saild), une organisation non gouvernementale qui commence à éditer « la voix du paysan », un journal de promotion des activités agro-pastorales qui continue d’être, jusqu’à nos jours, le bréviaire de nombreux entrepreneurs agricoles au Cameroun. Mais, malgré ce jalonnement, le pays continu de se noyer dans l’immobilisme, l’inflation et la disette.

« Pour pérenniser cette longue vision, nous allons remettre les prix et subventions Bernard Njonga dans les secteurs : de 1a photographie sociale, la littérature sur te développement rural et les études liées au développement rural », a dévoilé Hosier Nana Chimi, secrétaire général de l’Ong Saild.

A le croire, ces disciplines ne se cantonnent pas au management mais concours à comprendre comment les éléments de permanence et leur formation dans le temps vont permettre de guider la flexibilité nécessaire d’une exploitation agricoles rehaussée.

Le Messager

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