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CAN 2021/Stades vides : les impérities du pouvoir pour une fête populaire

Au regard du degré désertion des stades par le public, on peut interroger la part de responsabilité des pouvoirs publics dans cet état des choses.

Le gouvernement camerounais n’aura-t- il pas lui-même créé ou entretenu un climat visant à saper une mobilisation générale autour de la Can au point où son communiqué pour une affluence du public dans les stades défraie plutôt toute la chronique ? Dans cette déclinaison, les faits sont têtus et imparables.

Le premier assaut contre l’union sacrée des Camerounais qui est venu du champ politico-judiciaire. Un peu comme pour creuser davantage les clivages entre les Camerounais, c’est pratiquement le 27 décembre 2021 que la justice a choisi, à quelques jours de l’ouverture de la Can, de condamner les militants du Mrc à des lourdes peines d’emprisonnement.

Les chauds partisans d’une compétition à succès ont crié au scandale sans que rien n’y fasse. Tout s’est passé exactement comme si une intelligence malsaine derrière les rideaux cherchait à diviser les Camerounais au moment où tous aspiraient à un souffle unificateur. Ce verdict judiciaire a-t-il autant divisé ? On ne saurait l’affirmer de manière péremptoire.

Les stades déserts ouvrent cependant toutes les portes aux interprétations, les unes parfois aussi farfelues que les autres, nourries précisément sur les failles politiques nées de ces condamnations. Rien n’empêchait, si ces cadres du Mrc devraient être irrémédiablement condamnés de le faire par exemple après la Can.

Le deuxième assaut, a consisté à prendre des décisions qui avaient les allures de jeter les Camerounais dans les cordes ou tout simplement de jouer avec leurs nerfs. L’épisode des fameux influenceuses dépêchées depuis Paris par la présidence de la République est venu créer davantage un clivage entre les

Camerounais et les dirigeants. On sait tout le tollé soulevé par leur présence à l’hôtel Mont Febe sur la toile. Tout y est passé ; et à tout au moins, la pudeur sur le sujet commande à la retenue. L’autre coup serré porté contre l’affluence des Camerounais vers les stades est l’obligation vaccinale.

On le sait, les concitoyens de Paul Biya sont foncièrement allergique à cette sollicitation pour barrer la route à la propagation du Covid-19. Même avec le Message présidentiel à la Nation appelant à la vaccination de masse, la mayonnaise semble ne pas encore prendre.

L’autre goulot d’étranglement à l’affluence des Camerounais vers les stades, est le coût élevé des billets d’accès. On se demande si le Camerounais lambda est capable de débourser sans difficulté 4000 Fcfa, pour aller au stade, sans compter les frais de. transport et toutes les commodités qui vont avec.

Messes noires prégnantes

En dernier lieu, il faut évoquer toutes les turpitudes traversées par le pays dans l’organisation de cette fête continentale du football africain. Le pays de Paul Biya y est allé à hue et à dia. Il y a eu les atermoiements sans fin liés à la capacité réelle ou imagée du Cameroun d’abriter une compétition à 24 équipes.

A côté de ceci, les soupçons de détournements des derniers publics dans la construction des infrastructures, versés sur la place publique, ont nourri et animé pendant un long moment l’opinion publique face au pouvoir muré dans un mutisme affligeant et choquant.

Depuis 2019, après le fameux glissement, les pouvoirs publics et l’opinion publique nationale ont évolué dans un climat de suspicion tous azimuts, où les parties se regardaient en chiens de faïence. On va pour la petite histoire retenir que jusqu’à la veille de l’organisation de cette Can, des sources concordantes faisaient état des messes noires prégnantes au bord du Nil pour à nouveau arracher la Can au Cameroun, comme pour dire que même de l’extérieur, une intelligence nébuleuse travaillait pour entacher cette compétition qui Se tient contre vents et marrées.

Il ne reste plus que la victoire finale des Lions indomptables le 6 février 2022, pour colmater en partie ces fissures béantes et aussi des actes forts du président de la République pour rétablir les choses dans l’ordre.

Le Messager

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