Le sous-préfet de Ngoketunjia, Handerson Quetong Konge, a officiellement déclaré nulle et non avenue la destitution présumée du sénateur Fon Chafah Isaac XI.
Cette décision fait suite à un incident survenu le 13 février, au cours duquel un groupe dissident a pénétré dans le palais de Bangolan pour y accomplir des rituels visant à « maudire » le Fon et à introniser un nouveau chef traditionnel.
L’administration a qualifié ces actes de « profanation » des coutumes Tikar, soulignant qu’un chef traditionnel reconnu par l’État règne à vie.
Les autorités ont lié ce groupe à une décennie d’actes de vandalisme, notamment la destruction du palais en 2016 et l’imposition de « taxes de libération » illégales aux villageois.
De leur côté, les membres du conseil traditionnel local (les Ngumba) affirment que le Fon a été destitué pour avoir prétendument abandonné le village pendant plus de dix ans et détruit des objets ancestraux sacrés.
Alors que la communauté aurait entamé un « processus de purification » pour élire un nouveau chef, l’État maintient que de telles destitutions sont illégales au regard du droit camerounais. Le SDO a averti que toute personne collaborant avec la faction dissidente serait poursuivie en justice, tandis que le gouvernement s’efforce de rétablir l’ordre dans la région.
En 2016, des affrontements ont éclaté après la première destitution du Fon, incitant le gouvernement à envoyer des gendarmes pour disperser les manifestants. Selon certaines informations, des habitants ont trouvé la mort lors de ces affrontements.
Mais pourquoi quelqu’un abandonnerait-il son palais pendant dix ans ?
Depuis 2016, la crise anglophone a causé d’immenses souffrances à la population locale et a contraint certains chefs à abandonner leurs palais par crainte d’être pris pour cible par des séparatistes armés.
Son Altesse Royale le sénateur Fon Chafah Isaac XI était donc confronté à une double guerre : celle contre son peuple et celle contre les séparatistes. Il a dû fuir.
Le sénateur, chef traditionnel, s’est retrouvé dans une situation précaire. Sa loyauté envers le gouvernement de Yaoundé était perçue comme une trahison par certains de ses sujets, tandis que les séparatistes le considéraient comme un obstacle à leur cause. Les menaces étaient réelles, le danger palpable. Il entendait chaque jour davantage les tambours de la guerre résonner, et la sécurité de sa famille et de son peuple le préoccupait énormément.
Il savait cependant que son absence créerait un vide, une lutte de pouvoir susceptible de déstabiliser davantage le village de Bangolan. La question était : comment pouvait-il protéger son peuple à distance, et quel rôle pouvait-il jouer pour trouver une solution durable à la crise ?
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