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Autoroute Yaoundé-Nsimalen : la traversée du désert des populations autochtones

Accaparement de terrains, usurpation des titres fonciers, détournement des indemnisations, et spoliation des riverains…sont des maux qui minent la cité aéroportuaire.

Ahala, 17 janvier 2022. Le quartier poussiéreux est calme. La veille était obstruée. Les semaines antérieures, plutôt agitées. Les revendications des populations locales ont été entendues. Les enfants du coin ont trouvé du travail dans le chantier qui s’est imposé à eux. Ils sont plus de 1000 âmes dans ce corridor.

Tous représentent une seule voix, tant leurs problèmes se ressemblent. Ici a cessé d’être chez-soi de beaucoup d’entre eux. Il faut partir. La route passe déjà. Mieux c’est une autoroute. Et il fallait dégager les lieux. Ahala y est inclut et une seule lamentation relie ces localités, les indemnisations.

Concrètement, tous ceux qui se trouvaient sur son chemin devaient partir, leurs champs, ancêtres et histoire aussi. Mais ils espéraient au moins un dédommagement avant de plier bagages. Avant même que les travaux ne soient engagés. En principe, le gouvernement camerounais devait s’occuper de ces populations. Celles à exproprier, mais plus important, à indemniser. Elles attendent depuis lors. Elles attendent dans le vide.

En effet, d’après les chefs de blocs, les personnes installées dans cette zone n’étaient pas vraiment préparées à quitter. Le souci, c’est que l’arrêté portant déclaration d’utilité publique n’avait pas précisé la zone à exproprier. Conséquence, certains n’ont pris aucune mesure pour régulariser leur présence sur ces terres, il s’agit notamment de l’immatriculation.

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Même certains chefs, courroies de transmission et de communication entre populations et l’administration, n’ont pas vu venir le tacle. A date, d’autres sont trainés en justice par les nouveaux acquéreurs qui se sont sentis floués par les autochtones.

Micmacs des commissions Le véritable enjeu a été celui de faire passer la voie avant la Can. Entre temps, la ministre de l’Habitat et du développement urbain (Minhdu), les autorités administratives, traditionnelles et experts étaient le 15 décembre 2020 à Yaoundé en mode concertation.

C’était dans le cadre de la validation de leurs closes déclinées en quatre missions notamment l’élaboration du rapport diagnostic de l’étude; le rapport de présentation des scénarii d’aménagement, le recueil du choix et développement du scénario retenu; et la mise en œuvre de la gouvernance dudit projet.Ont-ils planché sur le volet indemnisation ?

Il faut toujours le préciser. Le gouvernement du Cameroun a engagé en 2013, les travaux de construction de ce bitume, qui s’étendent sur les départements de la Mefou et Afamba, Mefou et Akono et du Mfoundi par une voie de circulation rapide d’un coût passé de Fc fa 87 à 276 milliards. Le tracé de cette autoroute comprend une section rase campagne (11,3 km) et une section urbaine (10 km). Cependant, que devient le Corridor Yaoundé-Nsimalen ?

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Après avoir convoqué lors de la mise en service de ladite autoroute, les promesses non tenues de l’Etat (indemnisations), Lucas Owona, maire de Yaoundé 3, égraine le chapelet des taches à effacer.

« Le lycée d’Ahala qui se retrouve comme coincé dans un cul de sac est un péril pour nos enfants. Comment nos élèves pourront-ils accéder convenablement à cet établissement sans garantie de la sécurité des personnes et des biens aux abords de l’autoroute ? Il y a un problème d’engorgement que crée l’autoroute, en cause le calibrage du pont qui sépare Yaoundé 3 de Yaoundé 4, resté dans les dimensions antiques ».

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