Plus de 15 avocats, dont l’ancien bâtonnier et candidat à la présidence, Me Akere Muna, se sont présentés aujourd’hui au tribunal de première instance de Bonanjo pour défendre Maître Alice Nkom dans une affaire l’opposant à l’État camerounais.
Cette défenseure chevronnée des droits humains est jugée pour avoir arraché un scellé administratif apposé sur la porte de son cabinet à Douala en décembre dernier.
L’affaire a été entendue aujourd’hui, 7 avril, à Douala, en présence de plusieurs avocats et défenseurs des droits humains. Parmi les personnes présentes figuraient Maître Tamfu Richard, avocate de renom spécialisée dans les droits humains, et Gladys Mbunya, militante de la société civile.
Après l’audience, ajournée au 2 juin, Maître Nkom a remercié sur les réseaux sociaux les avocats et les défenseurs qui l’ont soutenue.
« Merci à ceux qui ont veillé. Merci à ceux qui ont manifesté, écrit, partagé et prié », a-t-elle écrit sur son compte Facebook.
Elle a ajouté : « Merci aux anonymes, à vos proches, aux justes. Merci à vous qui rêvez d’un Cameroun nouveau et qui refusez de vous habituer au silence.»
Défi continu
Mme Alice Nkom est restée inflexible tout au long de la procédure judiciaire, décrivant son procès comme une tentative d’instrumentaliser le système judiciaire contre ceux qui refusent de s’aligner sur le gouvernement.
Elle est la fondatrice du Réseau centrafricain des défenseurs des droits humains (REDHAC), une ONG interdite par le ministre de l’Administration territoriale le 5 décembre 2024, suite à des allégations de malversations financières.
Mme Nkom et un groupe d’organisations civiles camerounaises ont qualifié cette interdiction d’illégale.
Suite à l’interdiction du gouvernement, le préfet du Wouri a ordonné la mise sous scellés du bureau du REDHAC – une mesure que Me Nkom a également qualifiée d’illégale.
Elle a ensuite brisé les scellés, déclenchant une série de convocations du préfet du Wouri. Cependant, elle a défié nombre d’entre elles.
Elle fait également face à des accusations distinctes devant le tribunal militaire de Yaoundé, où elle est accusée d’atteinte à la sûreté de l’État et de soutien au terrorisme dans les régions anglophones du Cameroun.
La plainte a été déposée par une ONG peu connue, l’Observatoire du Développement Sociétal (ODS).
Selon ses détracteurs, la pression juridique croissante exercée contre elle est directement liée à l’interdiction controversée du REDHAC.
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