De style baroque du XVIIIe siècle et de galeries semblables à celles d’un théâtre, l’église de Lachapelle, dans le sud-est du Tarn-et-Garonne, est un lieu unique en France.
Ancienne chapelle templière édifiée au 12èmee siècle, est devenu une église au 15èmee siècle, ce lieu éblouissant a donné son nom au village de 120 habitants qui l’accueille : Lachapelle, dans le Tarn-et-Garonne.
C’est au XVIIIe siècle que Jean-Baptiste Goulard, originaire du Gers, nouvellement ordonné prêtre après son séminaire de Rome, y fut nommé. Il fait de son frère son vicaire et les deux hommes touchent l’héritage de leur père, qui avait fait fortune dans le pastel. « Ils se demandaient ce qu’ils allaient faire de tout cet argent », raconte Vincent Meunier, président de l’association des amis de l’église de Lachapelle. « Il avait encore la tête pleine de baroque de son séjour en Italie, alors il a décidé de faire Rome à Lachapelle. »
Il a fallu 15 ans – entre 1761 et 1776 – pour transformer l’église et construire ce décor : bois peint reproduisant le marbre en trompe-l’œil, dorure à la feuille d’or, plafond à caissons en papier peint. « On retrouve aussi le même plafond dans l’église Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines à Rome », précise Vincent Meunier.
L’église de Lachapelle a été restaurée entre 1985 et 1999.
Porte dérobée, pupitre de chant orné d’oiseaux, stalle… de nombreux détails s’y cachent et font la beauté du style de l’époque. Une statue de la Vierge, portant Jésus dans ses bras, représente bien la recherche du mouvement, « une des caractéristiques du baroque du XVIIIe siècle », indique Vincent Meunier. « Elle se balance, son genou est plié, sa robe vole et l’enfant nous fait signe », analyse-t-il.
Les tribunes, « dans les coulisses »
Les plus impressionnantes sont les tribunes qui reproduisent celles d’un théâtre italien. Sur deux étages, 15 alcôves dorées surplombent la nef centrale. Mais quand on monte les escaliers pour se rendre de l’autre côté, on se rend compte que contrairement au reste de l’église, les loges sont très rustiques. Le plafond est bas et le bois n’est pas peint. « C’est une façon de renforcer le côté précieux du baroque. Ici, on est dans les coulisses », dit Vincent Meunier.
L’église, restaurée entre 1985 et 1999, est classée Monument Historique depuis 1975 et accueille 10 à 15 000 visiteurs par an. Un guide organise des visites quotidiennes entre avril et octobre.
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