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Tollé au sein du gouvernement après la promesse d’amnistie de Maurice Kamto

Certains ministres camerounais ont ouvertement tourné en dérision la récente promesse du professeur Maurice Kamto d’accorder l’amnistie au président Paul Biya et à sa famille s’il était élu président. Cette promesse a été faite lors d’un rassemblement politique organisé par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) en France le 31 mai.

L’événement a rassemblé des membres de la diaspora camerounaise de toute l’Europe et d’ailleurs, dans le but de mobiliser des soutiens en vue des prochaines élections.

Parmi les critiques figurait le ministre délégué Jean de Dieu Momo, ancien opposant devenu fonctionnaire. Il utilisait son pseudonyme « Nfo’o Dzakeutonpougtonpoug1er » sur les réseaux sociaux. Momo a tourné en dérision les déclarations de Kamto, qualifiant le rassemblement de tribune pour des « promesses trompeuses ».

« Honnêtement, j’ai ri en entendant qu’il s’engageait à protéger le président Paul Biya et sa famille ! Cela m’a rappelé que j’avais fait la même promesse lorsque j’étais candidat à l’élection présidentielle de 2011 », a écrit Jean De Dieu Momo.

Il a ensuite décrit ces promesses comme « une manière voilée de dire à la personne au pouvoir de ne pas craindre de représailles et de céder le pouvoir en échange d’une protection ».

« Avec le recul, je reconnais qu’il s’agit d’une demande puérile et ridicule en politique. Qui cède le pouvoir à son adversaire ? Il ferait mieux de le confier à Franck s’il ne s’agit que de sécurité personnelle ! » a poursuivi l’ancien candidat de l’opposition.

Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, s’est également exprimé sur les réseaux sociaux. Il a qualifié la promesse d’amnistie de « pathétique ».

« De quelle protection ont-ils besoin ? Sont-ils en danger, ou le seront-ils ? De quelle famille parlons-nous ? » a demandé Grégoire Owona.

« Le Cameroun n’est pas en danger ! Le Cameroun ne tombera pas ! Le Cameroun se tient debout et avance vers des jours meilleurs », a-t-il proclamé.

Grégoire Owona a ensuite mis en doute la crédibilité du taux de participation annoncé. « Il n’y avait même pas cinq mille personnes. Heureusement, les Parisiens se rassemblaient l’après-midi même pour regarder la finale de la Ligue des champions dans les bars et snacks du quartier, où nous avons passé des heures en toute tranquillité. Plus de supporters de football que d’électeurs potentiels », a-t-il ironisé.

En réponse aux critiques, l’auteure de renom Calixthe Beyala a défendu le rassemblement de Kamto, soulignant le climat politique difficile au Cameroun qui contraint les leaders de l’opposition à organiser de tels événements à l’étranger, tout en commentant le débat entourant la tenue de la réunion en France :

« Au Cameroun, les opposants sont arrêtés et jetés en prison dès qu’ils tentent de s’organiser. On nous gave d’absurdités comme le “trouble à l’ordre public” pour maintenir le statu quo », a-t-elle soutenu.

Beyala a souligné que la diaspora camerounaise et africaine au sens large œuvre depuis longtemps pour défendre les intérêts du continent.

« Mobiliser ne serait-ce que cinq mille personnes en France est un exploit remarquable, car personne ne paie le transport de qui que ce soit ; les gens viennent par pure conviction, avec leurs propres deniers », a-t-elle conclu.

Le débat qui a suivi le rassemblement de Kamto continue de susciter des discussions sur la liberté politique, l’engagement de la diaspora et l’avenir du leadership au Cameroun.

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