Le rapport de la Commission Technique de Réhabilitation (CTR) pour l’année 2022, fraîchement dévoilé, dresse un état critique pour bon nombre d’entreprises publiques au Cameroun. En se basant sur divers indicateurs financiers, le document expose une situation préoccupante concernant l’endettement, la rentabilité et le poids des dettes vis-à-vis de l’État pour un grand nombre de ces entités.
L’analyse des risques effectuée par la CTR met en lumière une situation tendue pour des entreprises telles qu’Alucam, Cicam, Camair-Co, Camwater, Sonara, Campost, Camtel, Sodecoton, Cnic, Maetur, CRTV, Magzi, CDC, Pamol, Src et ANAF, où le niveau d’endettement reste élevé à très élevé.
Un point essentiel soulevé concerne le poids des dettes fiscales et sociales par rapport à l’endettement à court terme, où plusieurs entreprises font face à un risque important, entraînant un manque à gagner pour l’État en termes d’impôts et taxes non payés. Cette situation présente également un risque potentiel de troubles sociaux en raison du non-versement des cotisations sociales.
Le rapport souligne que le montant global des dettes à court terme des entreprises publiques atteint 2 179,3 milliards de Fcfa, avec une dette fiscale représentant 24,9% de ce total (574,9 milliards de Fcfa) et une dette sociale de 5,24% (114,372 milliards de Fcfa).
En analysant la répartition des dettes par secteurs, les entreprises des secteurs des hydrocarbures, de l’eau et de l’électricité, principalement Sonara, Sonatrel et Electricity Development Corporation (EDC), détiennent la majeure partie de ces dettes, représentant jusqu’à 72,4% du total.
La CTR indique que malgré ces défis, certaines entreprises présentent un potentiel de restructuration, comme la Sodecoton et le Port autonome de Douala (Pad), ayant généré des résultats positifs et des dividendes en hausse.
Cependant, la commission souligne que ce potentiel de restructuration reste mitigé face aux risques très élevés d’endettement, à la capacité de génération de ressources suffisantes et à la maîtrise des coûts et charges.
La conclusion de ce rapport met en évidence la nécessité d’une action stratégique pour soutenir ces entreprises en difficulté tout en soulignant les défis majeurs auxquels elles sont confrontées pour garantir leur viabilité financière et opérationnelle.

