A l’appel de l’intersyndicale, une cinquième journée de grèves et de manifestations contre le projet du gouvernement est organisée dans de nombreuses villes de France, alors que les débats sont au point mort à l’Assemblée nationale.
jeudi 16 février
Les agents d’EDF, en grève contre le projet de réforme des retraites, ont procédé du jour au lendemain à de nombreuses coupures de production d’électricité, d’un peu plus de 3.000 MW, l’équivalent de trois réacteurs nucléaires, ont appris l’AFP auprès de la CGT et d’EDF.
Les centrales nucléaires de Saint-Alban (Isère), Paluel (Seine-Maritime), Tricastin (Drôme), Flamanville (Manche), Gravelines (Nord) et la centrale thermique de Martigues ont procédé à ces allègements, selon le site internet d’EDF, sans provoquer de coupures de courant pour les clients.
« Nous avons démontré que nous pouvions être partout et donc nous sommes prêts pour la France à l’arrêt » et la journée nationale d’action le 7 mars, a déclaré à l’AFP Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la branche. CGT énergie.
Les grévistes, qui avaient rendu indisponibles le 15 février de nombreuses centrales hydroélectriques pour le réseau, jusqu’à 4.000 MW selon la CGT, ont levé la plupart des piquets de grève dans la soirée. « On n’est pas encore dans la tenue de piquets de grève 24h/24 », a précisé Fabrice Coudour.
Avant de « mettre un coup d’arrêt » à la France le 7 mars, les syndicats organisent leur cinquième journée de mobilisation contre la réforme des retraites le 16 février, espérant maintenir la pression sur les députés dont les débats à l’Assemblée pourraient faire l’impasse sur le report de la l’âge légal avant le 17 février à minuit, date limite fixée par le gouvernement pour mettre fin à cette partie des discussions.
En pleine période de vacances scolaires, à l’exception de l’Ile-de-France et de l’Occitanie, la participation aux grèves devrait fortement baisser, avec des perturbations de transport limitées : quatre TGV sur cinq sont en circulation et le trafic est quasi normal dans la métro parisien. Néanmoins, 30% des vols à Paris-Orly sont annulés.
Après la journée du 11 février, qui a mobilisé plus de 2,5 millions de personnes selon les syndicats et 963.000 selon les autorités, l’affluence pourrait être moindre dans les cortèges. La police dit s’attendre à entre 450 000 et 650 000 personnes dans la rue, dont 40 000 à 70 000 à Paris. Une fois n’est pas coutume, les dirigeants des huit principaux syndicats vont manifester à Albi (Tarn), symbole de cette France des petites et moyennes villes, très mobilisée contre la réforme.
« Nous voulons braquer les projecteurs sur l’un des traits caractéristiques de ce mouvement social. Il y a une France du travail qui veut affirmer qu’elle existe, qu’il n’y a pas que les métropoles », a souligné le secrétaire général…

