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Musique : Nkodo Si Tony pour l’éternité

L’artiste a été inhumé samedi à Ka’a son village natal par Olanguina dans la Mefou-et-Afamba où il a été fait Chevalier de l’ordre de la valeur à titre posthume.

La pénombre commençait à envelopper de son voile noir la localité de Ka’a samedi dernier, lorsque le cercueil de Nkodo Si Tony en forme de micro regagnait son point de chute à la cour latérale gauche de la case familiale. L’artiste retrouvait ainsi sa dernière demeure au milieu d’une foule de parents, d’amis, de collègues, de fans et d’anonymes éplorés.

La vedette de la chanson camerounaise décédée le 21 décembre 2021 à Yaoundé quittait ainsi définitivement la scène sans crier gare. Même à Marcelline Mbom Zomo Essama Edzimbi, sa mère, effondrée par la disparition précipitée de son fils, il n’a pas eu le temps de dire un dernier au revoir. Les différents témoignages ayant ponctué la cérémonie des obsèques ont abondamment édifié l’assistance sur le fait que le dis- paru n’était destiné à rien d’autre que la musique.

A en croire ses oncles maternels par la voix de Bertrand Pierre Soumbou Angoula, directeur général de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM), c’est en pays Yézoum dans le département de la Haute-Sanaga que le talent du jeune Nkodo Si Tobie François éclot durant son enfance. Notamment à Etsiguili.

Sous l’influence du célèbre orchestre traditionnel des balafons, dirigé alors par feu Ebolo Abolo, il décroche le prix du feu président Ahmadou Ahidjo lors du tout premier Festival des arts et cultures nationaux à l’initiative du révérend père Engelbert Mveng. Ironie du sort, c’est justement chez ses oncles où l’aventure a commencé que Nkodo Si Tony donnera son tout dernier spectacle le 4 décembre 2021 à Meza’a lors de l’inauguration du foyer Lola.

Mais, la passion pour la musique de Nkodo Si Tony a fini par aboutir sur un conflit permanent avec les parents qui préféraient plutôt le chemin de l’école. Un diktat devenu insupportable qui a failli pousser ce dernier à se suicider à l’âge de 16 ans en buvant de l’eau de Javel. « Parce qu’à l’époque les musiciens étaient considérés comme des voyous et des irresponsables ne pouvant pas encadrer leur famille. Papa voulait que ses enfants aillent plutôt à l’école. Malgré ce choix, il occupait tou- jours sa place d’aîné », dira Michel Mbe Si, frère cadet du défunt.

Au nom du ministre des Arts et de la Culture, Jacques Blaise Kenne, secrétaire général de ce département ministériel, qualifiera Nkodo Si Tony de « révolutionnaire qui a su transformer et moderniser de manière fondamentale le bikutsi aux côtés de feu Albert Breuk’s ». Notamment avec des titres comme «Metsiliwa», « Ngoan Yezoum » ou « Assimba» où il a réussi à introduire avec succès cuivres et autres claviers.

Un immense talent qui vaudra plusieurs distinctions à cet artiste éclectique qui a fait ses preuves aussi bien à la gui- tare, au balafon, au mvet qu’aux percussions. En guise de reconnaissance pour cet immense talent, Nkodo Si Tony a été élevé au grade de Chevalier de l’ordre de la valeur à titre posthume. par la Nation camerounaise.

Cameroon Tribune

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