Mumia Abu-Jamal, « la voix des sans-voix », en prison depuis 42 ans

Cameroun Actuel
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Frackville (Pennsylvanie, États-Unis), correspondance privée.

Le centre de détention est situé à trois heures de route de New York, dans une zone forestière inhospitalière de cette partie de l’Etat de Pennsylvanie (Nord) où est emprisonné le journaliste afro-américain Mumia Abu-Jamal. Accusé et condamné pour le meurtre d’un policier blanc – ce qu’il a toujours nié avec véhémence –, il purge une peine à perpétuité.

Une fois passés les contrôles stricts de l’administration pénitentiaire, au bout d’un long couloir, s’ouvre la porte du parloir où Mumia nous attend debout, vêtu de sa combinaison orange de prisonnier, coiffé de ses éternelles dreadlocks.

En avril, Mumia aura 69 ans et entamera ses 42e année de détention

Sa haute stature impressionne, tout comme la netteté de son regard qui illumine son visage agrémenté d’une barbe grisonnante, sourire aux lèvres, voire rire malgré les 41 ans de détention. Ses graves problèmes de santé de l’année dernière semblent derrière lui. Si son alimentation est totalement inadaptée à son état, il s’oblige désormais à pratiquer des exercices physiques de manière intense, réussissant à perdre du poids et à se muscler.

En ce mois de mars, la journaliste afro-américaine a pu rencontrer pendant trois heures une délégation du collectif français Libérons Mumia et leur expliquer « la dégradation de ses conditions de détention depuis la période de la pandémie de Covid ». Il apprécie précieusement cette rencontre car les visites ont été totalement réduites.

Les inscriptions se font uniquement par Internet et sont refusées sans explication, privant ainsi les familles de leur droit. Malgré cette situation, Mumia explique préparer « un nouveau livre (thèse de doctorat) contre la politique de déshumanisation » ce qui entraîne la récidive de nombreux détenus dans un système d’incarcération de masse (2,3 millions de détenus aux États-Unis).

En avril, Mumia aura 69 ans. Il débutera son 42e année de détention. Après trois décennies passées dans le couloir de la mort, il échappera à deux mandats d’exécution grâce à la mobilisation internationale et sa peine sera commuée en prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle (1). Pour saisir l’horreur de sa situation, il faut impérativement revenir en l’an 2022. L’an dernier, lors de la pandémie mondiale, Mumia, né Wesley Cook, a été infecté par le Covid. Pour lui, l’administration pénitentiaire est responsable de la propagation de la maladie parmi les détenus, la majorité des gardiens ayant refusé la vaccination pour coller aux thèses complotistes du président Trump.

L’examen du procès initial pourrait ouvrir la voie à sa libération

De plus, l’homme que ses collègues de Philadelphie surnommaient « la voix des sans-voix » souffrait de graves complications cardiaques nécessitant une opération à cœur ouvert. Le destin…

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