Les invités d’Hugo W., opérateur économique de 58 ans, ont quitté son domicile en apprenant que c’était en mémoire de son canidé mort le mois passé qu’il leur offrait un cocktail lundi.
Par Cameroon Tribune
Un attroupement de personnes apparemment choquées, sortant d’un domicile au quartier chic Bonapriso, a attiré l’attention d’un policier de passage dans le coin lundi dernier.
« Pour un chien, on convoque les gens ? », « Le décès d’un animal ? »… Le fonctionnaire de police a alerté les ESIR, estimant que cette situation méritait d’être tirée au clair.
Principal protagoniste dans l’affaire, Hugo W., 58 ans, opérateur économique et ami des chiens. La police apprendra que le concerné, polygame, possède des canidés aussi bien à Bonapriso qu’à Kotto (Douala V), dans le domicile de sa deuxième épouse. L’homme est tellement attaché à ses bêtes que la disparition de l’une d’entre elles, le 19 mars dernier, l’a profondément affecté. Il en a parlé à de nombreuses connaissances comme s’il s’agissait d’un membre de sa famille.
Samedi dernier, Hugo W. a informé parents, amis et connaissances qu’il offrait un cocktail le lundi suivant à son domicile de Bonapriso. Environ cent personnes ont ainsi été invitées. Il est environ 16 h quand l’homme d’affaires décide d’ouvrir la cérémonie. À côté des chaises disposées sous les bâches, un buffet prometteur : émincés de bœuf, poisson, poulet, crudités… bref, les mandibules devaient beaucoup travailler.
Mais avant les morceaux de viande, un morceau de musique : l’assistance a droit à une chanson religieuse lancée par la sono. Après son exécution, Hugo W. se lève et prend la parole. Il remercie les uns et les autres pour leur présence, puis leur explique l’objet : « J’ai passé neuf ans avec Dick. Il est décédé il y a un mois. J’ai estimé devoir lui consacrer une célébration de vie », déclare-t-il.
Pendant que certains cherchent à comprendre, l’amphitryon poursuit : « Je ne peux pas parler d’obsèques, parce que je l’ai enterré depuis. Après la prière, on va manger et boire en mémoire de Dick. »
Un des invités, cousin d’Hugo W., se lève alors et lui demande : « Dick, c’est qui dans la famille ? » Réponse : « Bernard, ce n’est pas toi qui dois poser une question pareille ! Dick, c’est mon chien, un compagnon de plusieurs années ».
À ce moment, l’assistance réalise pourquoi elle est là. « Il fallait nous laisser manger et boire avant de nous dire ça ! », reprend Bernard, qui prend le chemin de la sortie, imité en cela par de nombreux autres invités.
Hugo W. dira plus tard aux policiers que le chien mort était comme un fils pour lui.

