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Crise énergétique au Cameroun : Yaoundé et Douala touchées par des coupures d’électricité, le barrage hydroélectrique de Memve’ele en cause

Depuis environ une semaine, les villes de Yaoundé et Douala au Cameroun font face à un pic de coupures d’électricité, mais la situation actuelle diffère des épisodes précédents. La cause ne réside pas dans des problèmes aux centrales à gaz de Kribi ou à fioul lourd de la Dibamba, comme en novembre et décembre derniers, mais plutôt dans une baisse significative de la production du barrage hydroélectrique de Memve’ele, situé dans le Sud du pays. Cette réduction de la production est attribuée à une diminution de l’hydrologie sur le fleuve Ntem, où le barrage est construit.

Il s’agit, en réalité, de rationnements rotatifs de l’électricité opérés par le distributeur Eneo sur le réseau interconnecté sud (Ris), englobant les régions du Centre, de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Sud, du Littoral, du Sud-Ouest, et de l’Est depuis novembre 2022. Ces rationnements ont pour objectif d’équilibrer le système énergétique, minimisant ainsi les effets du déficit énergétique lié à l’étiage, accentué par une hausse de la demande due à 100 000 nouveaux branchements réalisés en 2023.

Dans un communiqué daté du 22 janvier, Eneo explique que la durée moyenne des rotations pourrait varier en fonction de l’augmentation ou de la diminution du déficit de production en temps réel. Des mesures spéciales sont également prises pour atténuer l’impact sur les ménages, notamment la contribution des centrales thermiques et de certains industriels aux heures de forte sollicitation.

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Cependant, l’Electricity Development Corporation (EDC), responsable de l’exploitation du barrage hydroélectrique de Memve’ele, rejette les informations d’Eneo, affirmant qu’il n’y a pas eu d’effondrement de la production. Une source autorisée chez EDC indique que malgré l’étiage sur le fleuve Ntem, Memve’ele n’a perdu que 41 MW sur sa capacité installée de 211 MW. EDC accuse, par ailleurs, Eneo de n’avoir rien fait en amont pour éviter la situation actuelle, qui se répète cycliquement chaque année.

Les tensions entre Eneo et l’État sont également mentionnées, avec des rapports distendus. Les centrales thermiques de la Dibamba, de Yassa (Douala) et de Limbe dans le Sud-Ouest pourraient fournir une alternative aux capacités perdues à Memve’ele, mais ces centrales restent hors service, sans explications claires de la part d’Eneo.

Cette crise énergétique met en lumière l’urgence de solutions alternatives en attendant la mise en service du barrage hydroélectrique de Nachtigal, dont les travaux sont réalisés à 92%, mais qui accuse un retard important. Le rationnement d’électricité pourrait persister jusqu’à la fin mars, date du retour des pluies, à moins que des mesures ne soient prises pour résoudre cette situation critique.

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