Le Cameroun pourrait faire face à un déficit de 500 mégawatts (MW) d’électricité à l’horizon 2030 si de nouvelles capacités de production ne sont pas mises en service à temps, alors que la demande progresse notamment sous l’effet du développement industriel, a indiqué mardi le gouvernement.
Le sujet était au centre d’une rencontre à Yaoundé entre le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et Faisal Masood, directeur régional de Citi Bank Corporate pour l’Afrique, accompagné d’une délégation.
Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a reçu en audience, ce mardi 29 septembre 2026 à Yaoundé, Faisal Massod, Directeur régional de Citi Bank Corporate pour l’Afrique, accompagné d’une délégation. Les échanges ont principalement porté sur la situation du secteur électrique camerounais, les mesures engagées pour restaurer son équilibre financier et les investissements nécessaires pour répondre à la croissance de la demande.
Un secteur à redresser face à une demande croissante
La demande en électricité connaît une progression soutenue, notamment sous l’effet du développement de nouvelles activités industrielles. Plusieurs entreprises expriment déjà des besoins importants en énergie pour démarrer ou accroître leurs capacités de production.
Selon les projections présentées au cours de l’audience, le déficit pourrait atteindre 130 MW en 2027, 250 MW en 2028, 400 MW en 2029 et 500 MW en 2030, si de nouvelles capacités ne sont pas mises en service à temps.
À cette pression sur l’offre s’ajoute un déséquilibre financier structurel du secteur. Pour y faire face, le Gouvernement a engagé une restructuration autour de trois axes : financier, technique et organisationnel, avec un accent particulier sur la gouvernance. Le refinancement de la dette, la maîtrise des charges et l’amélioration des recettes figurent parmi les principaux leviers retenus pour restaurer progressivement l’équilibre du système.
La lutte contre la fraude constitue également une priorité. Les pertes liées à ce phénomène avaient initialement été estimées à environ 60 milliards de FCFA par an. Les premières actions engagées permettraient déjà de récupérer environ 500 millions de FCFA supplémentaires chaque mois.
Dans la même dynamique, 250 000 compteurs prépayés ont été commandés avec l’appui de la Banque mondiale afin d’améliorer le comptage, de sécuriser les recettes, de réduire les impayés et de limiter certaines formes de fraude.
150 MW supplémentaires et 200 MW de solaire d’urgence
Le secteur travaille parallèlement à la connexion d’environ 150 MW de nouvelles demandes d’ici juillet 2027, principalement destinées aux activités industrielles.
Ces nouveaux raccordements pourraient générer entre 4 et 5 milliards de FCFA de recettes mensuelles supplémentaires et contribuer à réduire progressivement le déficit financier du secteur. Avec l’appui de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, près de 40 000 nouveaux clients doivent également être progressivement raccordés au réseau.
Face aux besoins annoncés à court terme, le Gouvernement prépare par ailleurs un Programme solaire d’urgence de 200 MW, dont la mise en œuvre est envisagée dès 2027. Cette capacité supplémentaire doit permettre d’apporter une réponse rapide aux besoins, en attendant la réalisation de projets structurants nécessitant des délais plus longs.
Le solaire ne constitue toutefois qu’une composante de la réponse. La stratégie prévoit également la maintenance et la réhabilitation des centrales existantes, le développement de nouvelles capacités hydroélectriques ainsi que l’examen d’autres solutions de production, notamment gazières.
Citi appelée à accompagner les solutions de financement
Les échanges ont enfin porté sur les mécanismes susceptibles d’accompagner la restructuration du secteur : refinancement de la dette, garanties, mobilisation de ressources et financement de nouveaux investissements.
Le Ministre a notamment indiqué que SOCADEL pourrait poursuivre les discussions techniques avec Citi afin d’examiner les solutions financières adaptées à certains projets prioritaires.
Présente au Cameroun et active dans le financement d’opérations publiques et privées en Afrique, Citi entend ainsi mettre son expertise financière au service des discussions engagées autour des besoins du secteur énergétique camerounais.

