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Coronavirus au Cameroun: des failles dans la prise en charge des malades

Des personnes infectées ont trouvé la mort après avoir été renvoyées de l’hôpital. D’autres ont survécu alors que les symptômes qu’elles présentaient n’étaient qu’une fausse alerte.

Lucie M. vient de vivre une expérience traumatisante. Début avril courant, alors que la campagne de sensibilisation sur les manifestations du coronavirus bat son plein, cette femme d’à peine 30 et employée d’une entreprise parapublique, croit ressentir des symptômes proches de ceux relayés abondamment dans les médias. Prise de panique, elle se précipite à l’hôpital. « Je ne suis d’abord rendu à l’hôpital régional de Bafoussam.

Quand J’ai expliqué ce que Je ressentais, le personnel a brusquement changé. Tout le monde s’est soudainement éloigné de moi. Sans me consulter, la seule chose qu’on a trouvée à faire, c’est de me demander d’appeler le 1510 et de revenir deux jours après si ces symptômes persistaient», relate-t-elle. Surplace, elle tente plusieurs fois en vain de joindre le 1510.

Un second numéro lui sera ensuite remis. Au bout de moult tentatives, son appel est enfin décroché. « Celui qui était en ligne m’a posé une série de questions. En dehors de la toux qui n’était pas sèche, tout ce que je ressentais pouvait amener à conclure que j’étais infectée par le coronavirus.  » m’a demandé là où j’habitais et a promis de passer le chercher », ajoute-t-elle. L’échange entre cette patiente et ce personnel de la santé allait s’arrêter-là.

« Depuis plus de deux semaines, J’attends toujours cet appel. Si c’était effectivement le coronavirus, je serai déjà morte sans être assistée », décrie-t-elle. A cause de ce qu’elle considère comme un laxisme dans la gestion de son cas, elle décide de rentrer « attendre son jour » à la maison.

Dans la nuit, les décoctions préparées lui permettront de passer une nuit un peu plus tranquille. Mais le matin, son état va davantage se détériorer. Elle sera transportée vers une clinique privée. Sauf que là aussi, elle fera une triste expérience.

« Quand nous sommes arrivés, j’ai vu ce qu’elle ressentait. Et les responsables de la clinique m’ont fait savoir qu’une note du Ministre de la santé publique demande que des cas pareils soient immédiatement conduits à l’hôpital regional de TJaTou’ssa’rh. Là-bas en parlant des symptômes, je n’ai plus fait allusion à ceux qui pouvaient amener à soupçonner le coronavirus. Et c’est ainsi qu’arrivés à 9 heures, nous avons été reçus à 16 heures 30 minutes », déroule le conjoint de Lucie M. Pendant l’hospitalisation de cette patiente, le test de Covid-19 fait discrètement va se révéler négatif.

La mésaventure de Lucie est similaire à celle d’un homme d’affaire basé à Yaoundé et qui a requis l’anonymat. « Mis au courant de ce que des personnes qui m’ont rendu visite quatre jours plus tôt étaient porteuses de coronavirus, je me suis rendu à l’hôpital central de Yaoundé.

Tout ce qu’on a trouvé à me conseiller après une série de questions, c’était d’aller attendre à la maison en me remettant un numéro que je pouvais appeler en cas de complication. Mais quand j’ai appelé avec insistance, on a décroché et promis de passer me chercher.

Las d’attendre, j’ai appelé un médecin qui me suit dans une villa que j’ai louée pour m’isoler. Ce n’est que deux semaines après qu’on me rappelle pour savoir où je me trouvais. Ma réponse sèche a abouti à une prise de bec », déroule ce jeune opérateur économique en colère

Ces deux cas illustrent les failles qu’il y a dans la gestion de cette pandémie. Si les patients sus évoqués ont eu la vie sauve, tous n’ont pas eu la même chance.

Selon des proches de l’honorable Samuel Wembe, c’est d’ailleurs le laxisme qui a conduit à sa mort le 12 avril dernier. Revenu d’un pays européen grièvement affecté par cette maladie, apprend-on, il s’est lui-même rendu à l’hôpital général de Douala.

Mais il lui sera demandé d’aller se mettre en quarantaine à la maison. Pendant cette période, son état va se détériorer et il rendra l’âme sans véritablement être en charge.

Selon un médecin, l’attitude du personnel de santé à l’égard des malades ou des personnes soupçonnées d’être infectées par le coronavirus, peut s’expliquer par leurs difficiles conditions de travail matérialisées par l’infection et la mort de plusieurs d’entre eux.

Source: nouvelle expression

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