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Cameroun : le gouvernement interdit la hausse du prix de la bière

La hausse des prix des bois- sons envisagée par le Syndicat national des débits de boissons et bars du Cameroun (Syndebarcam) est suspendue par Luc Magloire Mbarga Atangana.

Dans une lettre datée du 12 mai 2022 et adressée au président national du Syndicat national des débits de boissons et bars du Cameroun (Syndebarcam), le ministre du Commerce (Mincommerce) Luc Magloire Mbarga Atangana s’oppose clairement à l’intention du syndicat à procéder à un réajustement des prix de vente des bois- sons dans les bars à compter du 1er juin 2022.

« La bière au même titre que les eaux minérales et les boissons hygiéniques, fait partie des produits dont les prix et tarifs sont soumis à la procédure d’homologation préalable et non à celle du dépôt préalable des barème », a rappelé le Mincommerce. Ce dernier estime par conséquent que l’intention du Syndebarcam de procéder à une augmen- tation des prix est « irrecevable ».

Luc Magloire Mbarga Atangana souligne d’ailleurs qu’en matière d’homologation préalable des prix, la procédure réserve le soin de la saisine de l’administration en charge des prix soit au producteur, soit à l’importateur. Il revient par la suite à la Commission centrale des prix d’examiner la demande d’homologation et de soumettre son avis motivé à la sanction du ministre en charge des prix (le ministre du commerce Ndlr). Au vu des clarifications de Luc Magloire Mbarga Atangana, le prix de la bière demeure inchangé au Cameroun.

Le Syndebarcam s’estime perdant

Après la sortie musclée du ministre du Commerce, le Syndebarcam semble désemparé : « C’est à cause de la raréfaction des produits brassicoles chez les distributeurs, que nous avions d’un commun accord, après simulation de l’impact, arrêté la hausse des prix », peste un membre du Syndebarcam contacté par Le Messager.

« Certains distributeurs nous vendent les casiers de bière en majorant le casier de 1000 F, ce qui impacte considérablement dans nos ventes lorsque nous pratiquons les prix habituels », explique notre source. Ces éléments évoqués font d’ailleurs partie des raisons évoquées par le Syndebarcam dans leur lettre d’information datée du 11 mai, dans laquelle il annonçait un réajustement des prix.

Selon la grille tarifaire publiée par le Syndebarcam, l’augmentation des prix varie selon la typologie des débits de boisson et bars. Dans les bars par exemple, la bière qui coûtait 650 F passe à 800 F soit une augmentation de 150 F. La mesure est prise, selon le Syndebarcam , en application de la loi régissant l’activité commerciale au Cameroun qui stipule qu’il est « interdit de vendre un bien à un prix inférieur à son prix de revient effectif ».

Une initiative que la ligue nationale des consommateurs du Cameroun (Lcc) trouve « inique et cynique ». Le président de la LCC, Delor Magellan Kamseu Kamgaing, a fait une sortie dans laquelle il fustige le projet de réajustement des prix par le Syndebarcam. Pour lui, si ce projet venait à s’appliquer, cela perturbera sans doute le climat social, déjà entamé par l’inflation des prix de certains produits de grande consommation.

« Face à cette provocation, la LCC exhorte le ministère en charge des prix, à rejeter ce projet motivé davantage par l’appât du gain, et à sanctionner vigoureusement les tenanciers des points de vente qui réajusteront illégale- ment les tarifs à la hausse », écrit le président de la LCC.

Le Messager

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