CAF : Mosengo-Omba quitte le pouvoir, fin d’une ère sous haute tension

Cameroun Actuel
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Le timing ne doit rien au hasard. Quelques jours après la consolidation du pouvoir de Patrice Motsepe, la Confédération africaine de football (CAF) voit tomber l’une de ses figures les plus influentes. Véron Mosengo-Omba a officiellement quitté son poste de secrétaire général, tournant la page de quatre années au cœur du pouvoir administratif du football africain.

Arrivé en mars 2021, Véron Mosengo-Omba n’était pas un novice. Ancien cadre de la FIFA, proche de Gianni Infantino, il incarnait la volonté de modernisation impulsée à la CAF après des années de turbulences. Très vite, il s’impose comme le véritable patron de l’administration. Dans les couloirs du Caire, son influence dépasse largement celle d’un simple exécutant. Gestion des compétitions, structuration des départements, professionnalisation des opérations : son empreinte est réelle.

Sous sa direction, la CAF améliore sa lisibilité commerciale, renforce l’organisation de ses compétitions et accompagne une montée en puissance financière de l’institution, qu’il n’hésite pas lui-même à qualifier de « prospère comme jamais ».

Les réussites : modernisation et efficacité

Le bilan du Congolais naturalisé suisse n’est pas à sens unique. Il a notamment structuré des compétitions, en améliorant la planification et la visibilité des tournois, notamment la CAN. En interne, il a mis en place une professionnalisation : rationalisation des départements, centralisation des décisions pour gagner en efficacité. Sous sa gouverne, la CAF s’est rapprochée stratégiquement de la FIFA, facilitant financements et expertise.

Dans un environnement historiquement instable, Mosengo-Omba a incarné une forme de rigueur administrative rare à ce niveau.

Les zones d’ombre : un pouvoir trop concentré

Mais c’est précisément cette centralisation qui a nourri les critiques.

En interne, plusieurs voix dénoncent un management autoritaire, voire une « culture de la peur ». Des accusations de mauvaise gouvernance, de favoritisme ou encore d’ingérence dans certains dossiers sensibles ont terni son image. Sur le plan institutionnel, sa prolongation au-delà de l’âge statutaire a également suscité une vive contestation. Certains dirigeants estimaient qu’il occupait son poste sans base réglementaire solide. (Le Guardian)

Ajoutez à cela plusieurs enquêtes (dont certaines classées sans suite) et vous obtenez un dirigeant à la fois puissant… et profondément clivant.

Une sortie maîtrisée, mais pas anodine

Officiellement, Mosengo-Omba évoque une décision personnelle après « plus de 30 ans de carrière ». Officieusement, le contexte interne pesait lourd : tensions politiques, débats sur la gouvernance et critiques récurrentes. Son départ ressemble ainsi à une sortie négociée, propre, presque élégante — mais révélatrice d’un cycle arrivé à son terme.

Samson Adamu, l’homme de la continuité

Pour assurer la transition, la CAF a choisi en intérim une solution interne : Samson Adamu. Jusqu’ici directeur des compétitions, ce Nigérian discret mais influent connaît parfaitement les rouages de la maison. Son profil est propre puisqu’il maitrise l’organisation des tournois sur le continent. Homme du sérail, il a déjà été impliqué dans les prises de décisions stratégiques. Son profil est beaucoup moins clivant que celui de son prédécesseur.

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