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Bannie en Afrique de l’Ouest, la France va où elle peut

Le ministre français des Affaires étrangères entame une tournée au Kenya, au Rwanda et en Côte d’Ivoire. Preuve que la diplomatie française n’est plus la bienvenue dans ses anciens bastions.

Kenya, Rwanda et Côte d’Ivoire… La nouvelle tournée africaine de Stéphane Séjourné, le ministre français des Affaires étrangères, ressemble à une punition. Habituée à se rendre en Afrique de l’Ouest pour y dicter sa ligne de conduite, la diplomatie française est désormais persona non grata dans une grande partie de la région. Le Sénégal ? Difficile d’aller y rencontrer le nouveau président, après avoir soutenu Macky Sall. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ? Paris est actuellement plus occupé à tenter de sauver la mise avec les régimes militaires putschistes. L’année 2023 a été, pour la France, une année de déconvenues…

Alors que la France a perdu la majeure partie de son influence en Afrique, difficile pour Stéphane Séjourné de trouver des pays accueillants. Le ministre des Affaires étrangères sait cependant qu’il est toujours le bienvenu à Abidjan pour y rencontrer un des alliés de toujours de la France, Alassane Ouattara. Séjourné a dû chercher sur la carte de l’Afrique les pays qui accepteraient sa venue sans que cela ne provoque des manifestations anti-France.

Au Monde, un diplomate explique qu’« il faut que la France montre qu’elle investit du temps là où ses relations bilatérales sont bonnes » et qu’il faut « réaffirmer que l’Afrique est une de nos priorités ». Mais la France, elle, n’est plus vraiment la priorité de l’Afrique… Si le ministère français des Affaires étrangères compte, avec cette tournée, montrer qu’il « y a des partenariats fructueux pour la France en Afrique », force est de constater que ce n’est pas avec un voyage au Kenya, par exemple, que Séjourné redorera le blason bleu-blanc-rouge en Afrique.

La diplomatie française fragilisée dans son ensemble

Depuis plusieurs années, l’influence de Paris en Afrique a dégringolé. « Le rôle de porte-parole des pays africains que la France s’était auto-attribuée dans les instances multilatérales (G7, G20, etc.) n’est plus crédible. Alors que la France s’est efforcé d’être le pays pivot dans les rapports Nord-Sud en promouvant une certaine solidarité entre pays riches et pays pauvres, elle est ici prise en défaut sur son flanc sud. Son rôle d’’avocat des pays pauvres’ dans ces instances multilatérales lui est non seulement contesté par d’autres puissances (notamment la Chine) et par des pays du Sud mais il est aussi et surtout décrédibilisé par la crise des relations franco-sahéliennes », résume le chercheur Thierry Vircoulon.

Pire, au-delà de la Chine ou d’autres puissances, en Afrique, la France est dépassée par ses partenaires européens comme l’Italie ou l’Espagne, qui tentent désormais de se faire une place sur le continent. Emmanuel Macron, le président français, n’a jamais réussi à s’entourer de conseillers suffisamment efficaces sur les questions africaines. En voyant son influence sur le continent s’étioler, la France est la grande perdante du jeu.

« Cette crise résonne à Bruxelles, Washington, New York, etc., et impacte le récit et la position diplomatique de Paris, affirme Thierry Vircoulon. La perte de crédibilité de la France en Afrique ne fait pas seulement problème pour la relation franco-africaine. Compte-tenu de ses implications au-delà de l’Afrique, c’est en fait la diplomatie française dans son ensemble qui risque d’être perdante ».

 

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