Le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga a été libéré, selon Moussa Njoya, qui s’interroge sur les circonstances de son interpellation et sur ses conséquences éventuelles pour la suite de la procédure judiciaire.
Dans une réaction publiée après cette libération, le politologue estime que « le mal est déjà fait » et soulève des questions sur la liberté de parole du militaire appelé à témoigner devant le tribunal militaire de Yaoundé.
La libération du lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga ne met pas fin aux interrogations suscitées par son interpellation. C’est le point central de la réaction de Moussa Njoya, qui estime que cet épisode pourrait avoir des répercussions sur la suite de l’affaire Martinez Zogo.
Selon les informations rapportées par le politologue, l’officier a été remis en liberté dans la matinée, dans l’attente de sa présentation annoncée devant le commissaire du gouvernement dans les heures suivantes. Les circonstances précises de cette libération, ainsi que les éventuelles suites judiciaires, n’ont pas été détaillées dans sa déclaration.
Lire la réaction de Moussa Njoya :
LE COLONEL AYISSI NANGA A ÉTÉ LIBÉRÉ ! MAIS LE MAL EST DÉJÀ FAIT !!!
J’ai appris tout à l’heure que le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga a finalement été libéré ce matin, dans l’attente de sa présentation au commissaire du gouvernement dans les prochaines heures !
Si d’aucuns semblent se réjouir de ce dénouement, quant à moi, je pense que tout le mal est déjà fait !
En effet, quelques questions très importantes se posent désormais :
– Qui a donné l’ordre au commandant de la légion de gendarmerie du Centre de l’interpeller ?
– Pour quel motif l’a-t-on d’abord interpellé, alors que jusqu’à présent la seule chose dont il se serait rendu « coupable » est son fervent désir de témoigner, afin de protéger sa vie ?
– Qu’est-ce qui était si urgent pour qu’on l’interpelle en ce moment, et surtout un samedi, alors qu’il disait se tenir à la totale disposition du tribunal militaire de Yaoundé ?
– Pourquoi chercher absolument à l’interpeller et à le détenir avant son audition devant la barre en tant que témoin ?
– Va-t-il encore déposer comme cela était prévu ?
– Si oui, son passage dans les cellules du Secrétariat d’État à la défense (Sed) ne risque-t-il pas de favoriser une atmosphère d’intimidation et par conséquent, de modifier le contenu de son témoignage devant la juridiction militaire ?
– Son arrestation suivie de sa détention ne procèdent-ils pas – toute chose égale par ailleurs – de la subornation de témoin ?
– Le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga pourra-t-il encore déposer avec la même détermination et la liberté qu’il aurait eues s’il n’avait pas été arrêté ?
Quelles qu’en soient les réponses, la traque, l’arrestation, la détention, ainsi que l’éventualité d’une inculpation du lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga ont définitivement jeté un profond discrédit sur la suite de cette affaire !
Surtout que pendant qu’il est persécuté tous azimuts, ses adversaires ou ennemis, qui sont désormais clairement identifiés, ne sont pas du tout inquiétés !
Bien au contraire, tout laisse penser qu’ils disposent d’une toute-puissance, qui leur garantit une totale impunité !
Moussa Njoya

