Le Cameroun n’a enregistré aucun progrès ces cinq dernières années dans la lutte contre la corruption et figure toujours parmi les pays les moins bien classés au monde en matière d’intégrité du secteur public, selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025.
Le pays a obtenu un score de 26 sur 100, se classant 142e sur 182 pays et territoires en termes de transparence.
Ce score reflète une perception persistante de corruption généralisée au sein des institutions publiques et de mécanismes de responsabilisation insuffisants.
Il est à noter que le Cameroun n’a enregistré aucune amélioration par rapport à l’année précédente, ce qui indique peu ou pas d’amélioration dans la lutte contre la corruption dans le pays.
Une tendance à la stagnation sur cinq ans
L’analyse des performances du Cameroun selon l’IPC au cours des cinq dernières années révèle une absence d’amélioration préoccupante. En 2024, le pays a obtenu un score de 26/100 et s’est classé 140e sur 180, marquant un léger recul par rapport à 2023, où il avait obtenu un score de 27/100 et occupait également la 140e place. En 2022, le Cameroun a obtenu un score de 26/100, se classant 142e, tandis qu’en 2021, il avait enregistré un score de 25/100, le plaçant au 149e rang.
Auparavant, en 2020, le Cameroun avait obtenu un score de 25/100 et se classait 153e sur 180 pays, ce qui montre que, malgré de légères fluctuations, la position globale du pays est restée faible pendant plus de cinq ans.
Ces chiffres suggèrent que le Cameroun n’a pas réussi à mettre en œuvre des réformes durables et efficaces susceptibles de réduire la corruption et de renforcer la confiance du public.
Contexte mondial : un fossé grandissant en matière de leadership
À l’échelle mondiale, l’IPC 2025 dresse un tableau sombre. Cet indice, qui classe 182 pays sur une échelle de 0 (très corrompu) à 100 (très intègre), montre que la moyenne mondiale a chuté à 42, son niveau le plus bas depuis des années. Plus des deux tiers des pays ont obtenu un score inférieur à 50, ce qui indique des problèmes de gouvernance généralisés.
Transparency International constate que si 31 pays ont réalisé des progrès significatifs depuis 2012, beaucoup d’autres, dont le Cameroun, ont stagné ou régressé.
L’organisation met en garde contre un déficit croissant de leadership en matière de lutte contre la corruption, caractérisé par une application laxiste des lois, un déclin de la volonté politique et un rétrécissement de l’espace civique.
Impact de la corruption sur le développement et le bien-être public
La corruption continue d’avoir de graves conséquences sur le développement socio-économique du Cameroun. La faible application des lois et le détournement des ressources publiques contribuent au sous-financement des hôpitaux, à la vétusté des infrastructures, à l’insuffisance des digues et au manque de perspectives pour les jeunes.
Des experts affirment que la corruption mine également la confiance des investisseurs et freine la croissance économique, aggravant ainsi le chômage et la pauvreté.
Transparency International souligne que de nombreux gouvernements à travers le monde restreignent l’espace civique, rendant risqué le travail des journalistes, des organisations de la société civile et des citoyens qui souhaitent dénoncer les malversations. Dans un tel contexte, la corruption a plus de chances de prospérer.
Au Cameroun, les organisations de la société civile et les médias ont maintes fois exprimé leurs inquiétudes quant à l’accès limité à l’information, aux intimidations et aux contraintes juridiques qui entravent le journalisme d’investigation et le contrôle public.
Appel à un leadership plus fort et à des réformes
Maíra Martini, directrice générale de Transparency International, a exhorté les dirigeants mondiaux à faire preuve d’intégrité et à s’engager en faveur de réformes significatives.
« Nos recherches montrent que des progrès sont possibles grâce à des systèmes judiciaires solides, un contrôle efficace des dépenses publiques et la protection de l’espace civique et de la liberté de la presse », a-t-elle déclaré.
Pour le Cameroun, les analystes estiment qu’inverser la tendance actuelle exigera un leadership politique audacieux, des institutions anticorruption renforcées, des systèmes de marchés publics transparents et une véritable protection des lanceurs d’alerte et des journalistes.
Avec un score constant d’environ 26 au cours des cinq dernières années, le Cameroun demeure bien en deçà de la moyenne mondiale et figure parmi les pays les plus touchés par la corruption. Les observateurs avertissent que, sans réformes urgentes, le pays risque de prendre encore plus de retard en matière de gouvernance.
Face à la montée des manifestations antigouvernementales et du mécontentement populaire dans de nombreuses régions du monde, les Camerounais exigent de plus en plus de transparence et une meilleure gestion des ressources publiques.
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