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Affaires sociales: retirer les enfants de la rue un véritable challenge

Retourner en famille ou trouver un nouveau toit, rentrer à l’école, apprendre un métier ou s’auto-employer. Des options s’offrent aux 121 enfants placés en observation à Yaoundé.

Devenir chauffeur de bus comme son père. Telle est la condition posée pour ne plus retourner dans la rue, et regagner le domicile familial à Mandjou dans la région de l’Est. L’enfant ne veut plus aller à l’école et s’oppose aux bastonnades de son géniteur. Accordé sans faute. Mais il faudra relever le défi d’obtenir le permis de conduire qui ouvrira les portes d’un éventuel emploi.

Un autre a accepté de reprendre la classe de 6eme auprès de sa mère à Makak, localité du département du Nyong et Kelle dans la région du Centre. Tous les deux ont quitté Yaoundé où le garçon de 13 ans s’était réfugié après sa fugue. Deux autres adolescents ont rejoint leur famille dans la capitale, respectivement à Mimboman et à Tsinga.

Ces quatre enfants sortis de la rue continueront toutefois de suivre l’opération pilote lancée depuis le 1er avril 2020 par le ministère des Affaires sociales (Minas). Il s’agissait au départ de resocialiser 65 enfants de la rue du Centre commercial de Yaoundé.

Au lancement, 82 ont répondu présents. Au fil des jours, leur nombre est passé à 124. Mais il a fallu se séparer de trois d’entre eux car, ils ont dépassé 18 ans. C’est l’âge maximum pour bénéficier de cette opération test visant à sortir de la rue plusieurs mineurs et leur donner une nouvelle chance.

En cette période de pandémie du Covid-19, ils habitent plusieurs établissements d’encadrement du Minas où leur prise en charge est assurée, notamment le Centre d’écoute et de transit de Yaoundé (Cety) situé sur la rue Ceper au quartier Elig-Essono.

Le Coronavirus les a épargnés dans la rue. Mais le groupe souffre de bien d’autres problèmes de santé qui sont pris en charge : paludisme simple pour les uns, paludisme grave pour quelques-uns, gastroentérite, hépatite pour l’un d’eux, intoxication due à la consommation de drogues, infection bucco-dentaire, infections sexuellement transmissibles, plaies infectées, dermatoses, etc.

Mais le moral semble au beau fixe chez ces enfants à qui plusieurs voies sont désormais proposées : retourner en famille ou trouver un nouveau toit dans les centres de placement du Minas, rentrer à l’école, apprendre un métier ou se lancer dans une activité génératrice de revenus.

Au terme des 15 premiers jours de l’expérience, quelques enfants peuvent déjà retourner à la maison. Pour d’autres, les contacts ont été noués avec leurs proches. Le retour en famille est un défi à relever pour l’enfant et les parents.

Ces derniers signent d’ailleurs un engagement sur l’honneur de bien garder leur progéniture. Mais d’autres options sont ouvertes pour ceux qui ne se sentent pas prêts à relever ce challenge, a assuré la ministre des Affaire sociales, Pauline Irene Nguene. Dans tous les cas, a-t-elle prévenu, la rue n’est plus une option.

L’opération est prévue pour s’étendre dans les villes de Ba-foussam et Douala, puis à l’ensemble des 10 régions du Cameroun. La phase pilote en cours à Yaoundé durera trois mois, et sera ponctuée de plusieurs évaluations.

Source: Le Jour

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