Les avocats de l’homme d’affaires Martin Savom ont fermement mis en garde contre un complot visant à disculper leur client dans le meurtre du journaliste Martinez Zogo. Selon eux, cette manœuvre a pour but de détourner l’attention des véritables coupables, notamment des personnes clés toujours sous le coup d’une enquête.
Dans un communiqué publié mardi, à l’issue de l’audience du 24 novembre devant le tribunal militaire de Yaoundé, la défense a déclaré que le principal témoin à charge, Jean Ekassi, n’avait jamais accusé directement Savom du meurtre de Zogo.
D’après les avocats de Savom, Ekassi a admis n’avoir aucune preuve et n’avoir fait que répéter des rumeurs qu’il aurait entendues de deux autres personnes. Malgré cela, ils affirment que les réseaux sociaux ont immédiatement présenté Savom comme le meurtrier de Zogo, une présentation que la défense qualifie de « campagne de désinformation » délibérée.
Les avocats soutiennent que le moment et la nature des fuites indiquent une tentative concertée d’imputer le crime à Savom, ouvrant ainsi la voie à la libération d’autres suspects. Parmi eux figure Jean-Pierre Amougou Belinga, le magnat des médias longtemps soupçonné d’avoir orchestré l’enlèvement et la torture du journaliste. Belinga, ainsi que plusieurs hauts responsables des services de renseignement, a été arrêté début 2023 suite à l’enlèvement et au meurtre de Zogo.
Selon les enquêteurs, Belinga aurait ordonné le passage à tabac de Zogo après que ce dernier l’eut publiquement accusé de corruption à grande échelle et de détournement de fonds publics lors de son émission de radio. Un ancien agent de renseignement, Justin Danwe, aurait avoué avoir, avec d’autres, perpétré les actes de torture et le meurtre sur ordre de Belinga, affirmant même que ce dernier avait personnellement participé à l’agression sur l’un de ses chantiers et avait versé 60 000 dollars américains pour l’opération.
Malgré ces graves accusations, la défense de Savom insiste sur le fait que l’attention se porte indûment sur lui, ce qui pourrait permettre aux suspects initiaux, dont Belinga, d’échapper à la justice. Ils exigent que le public et les médias fassent preuve de prudence face à toute allégation non vérifiée et fassent confiance à la justice pour établir la vérité sur la base de preuves.
L’affaire Zogo continue de susciter la controverse au Cameroun. Selon les observateurs, le procès en cours, qui implique encore de nombreux accusés, dont de hauts responsables des services de renseignement, demeure l’une des tentatives les plus importantes menées ces dernières années par le pays pour que des personnalités influentes répondent de leurs actes de criminalité contre des journalistes.
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