L’Association pour la Défense des Droits des Opprimés (ADDO) a saisi le président camerounais Paul Biya au sujet de la situation de Hadja Haoua, une militante du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) dont l’association dit être sans nouvelles.
Dans une correspondance datée du 14 septembre et signée par son président, Hassana Tchiroma, l’ADDO affirme vouloir obtenir des informations sur le lieu où se trouve la militante, présentée comme résidant à Yaoundé.
Le courrier, adressé au chef de l’État en sa qualité de « Président de la Magistrature suprême », évoque un « kidnapping d’État », une qualification avancée par l’association mais qui n’est, à ce stade, étayée dans la lettre par aucun élément permettant d’en établir la réalité.
L’ADDO affirme que Hadja Haoua aurait tenu, ces dernières années, des propos particulièrement critiques à l’égard de certaines personnalités et autorités publiques. L’association estime que ces prises de position pourraient expliquer les difficultés auxquelles elle serait aujourd’hui confrontée.
Lire la correspondance de l’ADDO adressée à Paul Biya :
AFFAIRE HADJA HAOUA
À
S.E. Monsieur le Président de la Magistrature Suprême
– YAOUNDÉ –
Objet : Dénonciation sur le Kidnapping d’État de Dame Hadja Haoua
Monsieur le Président,
Nous soussignés, Président de l’Association pour la Défense des Droits des Opprimés (ADDO) et la population de Garoua, avons l’honneur de vous saisir au sujet de la situation de notre sœur, notre fille Mme Hadja Haoua en résidence à Yaoundé et militante de la première heure de votre formation politique, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).
En effet, nous sommes restés longtemps dans l’impasse. Dans le silence assourdissant, pris au piège d’une ruse pernicieuse faisant état de ce que vous étiez rendu sénile sous le poids de l’âge et de la maladie, incompatible avec le discernement.
Aussi, notre embarras à ne savoir quelle autre autorité devrions-nous saisir de notre plainte pour avoir gain de cause. Si tant est que l’autorité incriminée dans le kidnapping d’État de notre sœur Hadja Haoua est très haut perchée, très bien placée dans les arcanes du Pouvoir, insensible aux soubresauts de l’appareil judiciaire.
Certes, Madame Hadja Haoua fut rassurée naïvement par la voix la plus autorisée qu’elle n’avait pas besoin d’aller au maquis pour s’exprimer et dire son ras le bol, aussi n’a-t-elle pas tracé de limite sur la barrière de la légèreté dans ses argumentations intempestives.
Pour avoir été nourrie dans le sérail en tant qu’épouse de Monsieur Baongla, prétendument votre fils aîné, elle témoigne des événements incongrus qui frisent la trahison, qu’elle ne sut ou ne put contrôler ses émotions à un certain moment qu’elle se répand en invectives au Mondovision en de pratiques peu orthodoxes portant préjudices à certains hauts responsables et non de moindre.
Elle mit subitement les petits plats dans les grands dans un sens comme dans l’autre et agit avec une telle désinvolture inouïe à l’égard de certaines autorités de la République, dont la calomnie à elles infligée, n’a d’égal que la violation manifeste et pérenne de leurs secrets intimes qu’elle propagea à tout vent sur la place publique, toute chose inadmissible, reprochable, voire condamnable.
Qui plus est, jouissant du sacré privilège de se retrouver quelque part en haut lieu, elle a beaucoup vu, beaucoup entendu, mais n’a pas daigné se taire.
Alors, serait-elle coupable d’un délit quelconque pour avoir tenu un langage ordurier et de propos téméraires à l’endroit de ses vis-à-vis, acte appréciable et assimilable à des injures publiques par le juge ? Ainsi se manifeste la cour dans un État de Droit.
De toute évidence, ses parents, ami(e)s et connaissances ont le droit de savoir tout de même sous quel toit réside leur fille, quelle est la sentence retenue contre elle et pourquoi ?
Dès lors, votre réaction salutaire est vivement attendue pour dissiper le brouillard de l’arbitraire et le doute, pour rassurer les uns et les autres de l’existence réelle et effective de Mme Hadja Haoua et d’où qu’elle se trouve.
Qui pis est, au moment ultime où Madame Calixthe Beyala nous réconforta dans notre inquiétude constante mais combien languissante, témoignant de vive voix au Mondovision qu’on s’est débarrassé de son corps du haut d’un hélicoptère survolant la forêt de l’Est à Bertoua.
Quel crédit peut-on accorder à ce témoignage troublant, mais combien récurrent si l’on sait que quelque part Monseigneur Jean Marie Benoît Mballa s’est retrouvé au fond du lac à l’instar d’un poisson d’eau douce, prenant prétendument soin d’orienter sa dernière demeure à travers une pseudo-lettre abandonnée dans sa voiture garée non loin de là ?
L’enquête ouverte est désormais un terme usité chaque fois pour la clôturer définitivement ce jour même pour mettre fin à toutes investigations ultérieures, toutes poursuites éventuelles pour ranger les dossiers compromettants dans les placards de l’indulgence condamnable et l’impunité abjecte.
Par ailleurs, puisque nous sommes un État de Droit, à cela nous n’avons aucune raison d’en douter, nous sommes sidérés et n’en sommes plutôt que perplexes par rapport au kidnapping d’État dont notre fille dame Hadja Haoua est la victime patente, qui plus alarmant, elle ne donne aucun signe de vie depuis lors, si elle n’est pas dans l’œil du cyclone dans le prolongement du sillon labial, de feu Martinez Zogo.
Aussi, interpellons-nous votre diligence par rapport à cet acte de gangstérisme indécent, oh ! combien ignoble, qui tend à prospérer dans notre société déboussolée en raison du mutisme complice et aberrant et l’autoritarisme excédent, entraînant la population consternée dans le tourbillon infernal de la désolation.
D’autre part, au mieux internée quelque part dans les geôles d’infortune, au pire jetée dans la tombe, le peuple abasourdi a hâte de savoir le triste sort réservé à notre fille, notre pauvre sœur dame Hadja Haoua.
Sur ce, nous implorons : Justice, Justice ! Justice.
Vous souhaitant bonne réception de la présente. Veuillez agréer, Monsieur le Président de la Magistrature Suprême, l’expression de notre haute considération.
Garoua, le 14 Septembre 2026
Le Président de l’Association pour la Défense des Droits des Opprimés (ADDO)
(é) HASSANA TCHIROMA

