Au sein de nombreuses entreprises, des employés subissent différentes formes de violences et d’humiliation de la part de leurs collaborateurs, collègues ou supérieurs hiérarchiques.
Les violences en milieu professionnel sont légions et se traduisent sous plusieurs formes. Qu’elles soient morales, psychologiques ou physiques, le phénomène tend «à s’accentuer d’années en années. Les différentes plaintes d’hommes ou de femmes, sujets à des actes de violences dans leurs lieux de travail respectifs, ne se comptent plus. Chacun a sa petite expérience lorsque le sujet est évoqué. Aubain est un employé dans une société pétrolière. Recruté en essai pour une période de 6 mois, celui-ci se souvient avoir vécu toutes sortes de violence.
« Mon supérieur hiérarchique m ‘obligeait à travailler deux fois plus que ce que les textes prévoyaient. Je faisais mon travail mais aussi le sien. Jamais, je n’avais reçu mon salaire en intégralité car il trouvait que le travail n’était pas assez. J’ai voulu démissionné plusieurs fois mais j’ai persévéré. Pour obtenir mon contrat à durée déterminée, j’ai dû lui verser 400 nulle Fcfa pour qu’il adresse un rapport positif sur mon travail. A ce jour, je suis son supérieur et il me déteste », raconte Aubain.
Si ces formes de violences s’observent chez les hommes, les femmes en sont les principales victimes. Dans les zones d’exploitation de café dans le Sud-Ouest et de la banane dans le Moungo au Littoral, les femmes expliquent que les hommes chargés de recruter et de superviser les travailleurs sous contrat, appelés responsables de la sous-traitance, exigent régulièrement des rapports sexuels avant de confier un travail à une femme ; ou exigent des rapports sexuels avant de verser à une femme le salaire qu’elle avait gagné pour un travail déjà effectué ; ou avant de prolonger un contrat de courte durée.
Selon une enquête réalisée par l’Ong a femmes en détresse », les femmes qui refusent de se livrer n’obtiennent pas de travail dans les plantations ou sont menacées de licenciement.
« Même si vous travaillez déjà et que vous avez effectué un mois de travail, mais que vous refusez de coucher avec le chef ou le contremaître, vous ne recevrez pas votre salaire. Votre nom disparaîtra de la liste ou vous serez payés beaucoup moins que ce qui vous avait été promis ou vous était dû », confie une victime.
Selon l’Ong, le harcèlement sexuel de la part des supérieurs hiérarchiques, des agents de sécurité et de leurs collègues masculins est égalemenl fréquent. « Je travaille deux fois dans la semaine et pendant ces deux jours, le chef touche constamment les seins et les fesses des femmes, moi y compris », soutien Nadège, une victime ayant choisi de briser le silence.
Ces différentes dénonciations ne sont malheureusement que la face visible de l’iceberg, tellement le mal est profond et présent dans presque tous les secteurs d’activités.
L’Anecdote

