Camerounactuel

Vie chère : le gouvernement en guerre contre l’inflation

Face à l’envolée des prix sur le marché international, le gouvernement ne ferme pas l’œil de la nuit et fait de son mieux pour que la situation n’empire pas.

Depuis près d’un an, les prix de certains produits dans les marchés ont connu une certaine hausse. Mais, cette crise dans les marchés n’est pas particulière au Cameroun puisqu’elle affecte le marché international qui voit ses principaux paramètres bouleversés depuis le début de la survenue de la pandémie du Covid-19.

Il faut également y ajouter la guerre entre la Russie et l’Ukraine, deux pays qui fournissent plus de 75 % du blé importé par à travers le monde, ce qui rend les pays qui en dépendent particulièrement vulnérables à une perturbation majeure de la production ou du transport des céréales et oléagineux provenant de ces deux pays.

L’on observe désormais un renchérissement des prix des produits sur le marché, pour cause d’offre insuffisante et de mise en place, par les principaux pays producteurs, des poli- tiques restrictives à l’exportation, pour protéger leur marché intérieur.

Il peut également relever une offre logistique insuffisante en ce qui concerne le transport maritime, se traduisant par une implosion des coûts de transport, qui a forcément une incidence sur les prix des produits.

« En ce qui concerne les céréales, le prix de la tonne de blé sur le marché international s’est accru plus de 27,77% entre 2020 et 2021, et celui du maïs de 56,85% », a indiqué le ministre du Commerce (Mincommerce), Luc Magloire Mbarga Atangana au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée le mercredi 30 mars 2022. Il faut dire que l’économie camerounaise dépend fortement de la Russie et de l’Ukraine pour ses importations alimentaires.

Toujours entre 2020 et 2021, renseigne le Mincommerce, le prix de la tonne d’huile de palme a progressé de 53,3%. Dans le secteur des engrais, les prix ont également connu un bond de près de 40%. Même cas également pour les métaux avec l’augmentation du prix de l’aluminium. Des nouvelles qui ne rassurent guère le secteur du bâtiment et celui des produits alimentaires.

Des pertes pour l’État

Face à la hausse de l’inflation, l’État, à travers une batterie de mesures d’accompagnement des opérateurs économiques, apporte son soutien au pouvoir d’achat des consommateurs, et qui se traduisent par une très forte ponction des ressources destinées au trésor public. Dans le secteur des produits pétroliers, le chef de l’État a instruit de garder les prix inchangés en dépit de l’envolée des cours du baril.

« Quand un automobiliste se présente à la pompe pour s’approvisionner en carburant (super sans plomb Ndlr), il paye 650 F par litre, alors que le prix actualisé est de 1016 F, soit une différence de 366 F supportée par l’État. Ce qui représente sur 12 mois, un manque à gagner au Trésor public au titre du Super (carburant) de 253 milliards de F », relève Luc Magloire Mbarga Atangana.

En ce qui concerne le gasoil, explique le ministre du Commerce, le prix à la pompe est de 575 F/L contre un prix réel de 1027F soit une différence de 452 F/L supporté une fois encore par l’État, pour un coût annuel de 376 milliards de F. Pour le pétrole lampant, apprend-on aussi, le prix payé par les usagers est de 350 F/L pour un prix réel de 849 F soit un manque à gagner pour l’État de 43 milliards de F.

Concernant le gaz domestique, les consommateurs continuent de payer la bouteille de gaz de 12,5 Kg à 6500 F alors que le prix réel est de 13 277 F, soit une différence de 6 777 F par bouteille que l’État à travers la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (Csph), prend à son compte pour soulager les ménages.

« Au total, le montant de la subvention annuelle à la charge de l’État dans les conditions actuelles du marché, se chiffre- ra à 672 milliards de F en ce qui concerne le Super, le gasoil et le pétrole lampant », souligne le membre du gouvernement. Et pour la subvention annuelle du gaz domestique quant à elle se chiffre autour de 70, 500 millions de F.

Face à la montée de l’inflation, estiment les économistes, le gouvernement devrait faire preuve de vigilance et prendre des mesures de correction circonspectes. Ils devraient égale- ment, poursuivent-ils, commencer à reconstituer des marges de manœuvre budgétaire mises à mal par la Covid-19, en éliminant les dépenses inefficaces et en mobilisant autant que faire se peut les ressources financières nationales.

Le Messager

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