Problème mondial de santé publique, l’obésité vient de faire l’objet d’une nouvelle étude, à l’initiative de la Ligue contre l’obésité, coordonnée par des chercheurs de l’Inserm et du CHU de Montpellier, et publiée ce mois-ci dans le Journal of Clinical Medicine. Elle montre que le nombre de jeunes obèses a quadruplé en vingt ans et qu’un Français sur deux est concerné.
Alors que début juillet, une étude menée par le cardiologue François Carré tirait la sonnette d’alarme sur la baisse des capacités physiques des collégiens, entraînant une augmentation de l’obésité et du diabète, une nouvelle étude jette un éclairage inquiétant sur l’obésité des Français. Menée à l’initiative de la Ligue contre l’obésité et coordonnée par des chercheurs de l’Inserm et du CHU de Montpellier, cette étude, publiée ce mois-ci dans la revue Journal de médecine cliniquemontre que l’obésité concerne un Français sur deux (47,3%) obèse ou en surpoids.
Coordonnée par Annick Fontbonne, chercheuse à l’Inserm, et David Nocca, médecin au CHU de Montpellier, cette nouvelle étude a été réalisée en 2020, à partir de questionnaires collectés par l’institut de sondage Odoxa auprès d’un échantillon de 9 598 personnes (résident en France métropolitaine, de 18 ans ou plus, établi selon la méthode des quotas). Les résultats ont été comparés à ceux d’Obépi-Roche, une série d’enquêtes coordonnées par l’Inserm qui avaient été menées tous les trois ans de 1997 à 2012 pour produire des estimations de la prévalence du surpoids et de l’obésité en France.
Obésité et surpoids : un Français sur deux concerné selon une étude Inserm-CHU Montpellier
Et l’évolution est inquiétante. « La prévalence du surpoids (incluant donc le surpoids et l’obésité) était de 47,3 %, dont 17 % de sujets obèses. A première vue, ces chiffres ne sont pas très différents des récentes estimations de l’étude Obépi-Roche de 2012. Plus mitigées », explique Inserm. En effet, depuis 1997, la prévalence du surpoids a toujours fluctué autour de 30% tandis que la prévalence de l’obésité continue d’augmenter à un rythme rapide. Elle est ainsi passée de 8,5 % en 1997 à 15 % en 2012 et 17 % en 2020. La hausse est encore plus marquée dans les tranches d’âge les plus jeunes et pour l’obésité morbide dont la prévalence a été multipliée par près de sept sur la période.
L’obésité chez les 18-24 ans a plus que quadruplé
« Force est donc de constater que contrairement aux espoirs tant des pouvoirs publics que des professionnels de santé, depuis la mise en place du Programme national nutrition santé en 2001, l’obésité en France n’a fait qu’augmenter, année après année », soulignent Annick Fontbonne et David Nocca.
Les chercheurs ont également voulu aller plus loin en s’intéressant aux différences de prévalence selon le sexe, l’âge,…

