Un an après le scandale Orpea, que faut-il changer ?

Cameroun Actuel
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Si la donne a changé avec l’entrée de la Caisse des dépôts au capital d’Orpea, il faut désormais améliorer les conditions de travail du personnel.

Guillaume Gobet Membre de la Fédération CGT Santé et ancien salarié du groupe Orpea

La première chose qui doit changer dans les maisons de retraite est le ratio de personnel. Cette mesure va très vite changer la qualité des soins et les conditions de travail de ces derniers. Aujourd’hui, on est loin du compte avec 0,6 professionnel, au mieux, en moyenne, par patient ou par habitant. Nous avons le taux le plus bas d’Europe. Elle ne peut cependant pas se limiter à cela, il est également nécessaire d’avoir du personnel formé. C’est une grande préoccupation. Il y a une pénurie de professionnels formés aux métiers de la vieillesse. Aujourd’hui, Orpea travaille presque exclusivement avec des CDD non qualifiés, qui vont et viennent en fonction des contrats. C’est le cas des 228 établissements du périmètre du groupe en France.

L’enjeu du maintien et de la stabilisation des salariés dans les entreprises est ce qu’on appelle l’attractivité. L’attractivité a pour prisme la politique salariale mais elle a aussi celui de conditions de travail qui nous rendent meilleurs que nos voisins dans un secteur en concurrence et en crise structurelle. Ce secteur des soins est à 85 % féminin. Les conditions de travail y sont telles qu’aujourd’hui les jeunes femmes sortant de l’école et qui souhaiteraient s’investir dans un métier de santé ne choisissent plus d’abord les EHPAD. Le message est largement passé. Il y a une telle concurrence entre les établissements que dans les groupes financiers qui n’ont pas la réputation d’être les meilleurs, il y a une perte assez considérable de soignants.

« Nous manquons de professionnels formés aux métiers de la vieillesse. Aujourd’hui, Orpea travaille presque exclusivement avec des CDD non qualifiés, qui vont et viennent en fonction des contrats. »

Qu’est-ce qui a changé depuis un an ? Nous sommes dans un groupe qui a renouvelé son directoire, c’est-à-dire ses 35 cadres dirigeants, avec des personnalités issues majoritairement du secteur industriel de diverses grandes entreprises comme Saint-Gobain ou Suez, avec une volonté de dialogue. Pour nous, à la CGT, la situation s’est améliorée car nous n’avions, faute d’interlocuteur, aucun dialogue avec l’ancienne direction. Cependant, les changements au sommet mettent du temps à se répercuter sur les établissements. Avec un dialogue social et une pression moins forte sur les salariés, on assistera peut-être enfin à une éclaircie dans le paysage d’Orpea.

Le fait que la Caisse des dépôts soit entrée au capital d’Orpea est aussi quelque chose de positif. Si nous avions su, il y a un an, que la Caisse des dépôts avait la possibilité de rendre une participation majoritaire dans Orpea, nous aurions signé immédiatement. Le contexte a…

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