Le retrait de Pierre Emmanuel Binyam de la course à la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) continue de susciter des réactions. Dans une lettre ouverte adressée à celui qu’il présente comme son ancien ami, Joseph Espoir Biyong salue un choix qu’il interprète comme une décision en faveur de l’intérêt collectif et de la préservation de l’unité du parti.
Intitulé « Lettre ouverte à mon frère, Pierre Emmanuel Binyam », le texte rend hommage au parcours militant de l’ancien secrétaire général adjoint du MRC et à sa décision de retirer sa candidature à la veille de la convention extraordinaire du 17 octobre 2026.
« Tu n’as pas perdu une élection, au contraire tu as gagné du respect en choisissant de te sacrifier pour l’intérêt commun », écrit Joseph Espoir Biyong, qui considère ce retrait comme un geste susceptible de marquer durablement la vie politique du parti.
Lire la lettre ouverte de Joseph Espoir Biyong :
LETTRE OUVERTE À MON FRÈRE, PIERRE EMMANUEL BINYAM
Mon frère et mon Ami d’autrefois,
Aujourd’hui, il me vient à l’esprit de te célébrer pour avoir retenu mon attention depuis que j’ai entrepris mon chemin solitaire vers un destin que je découvre au fur et à mesure. Honnêtement, j’ai choisi de magnifier ton sens élevé de l’intérêt commun.
7 ans de responsabilités, de l’unité de base de Logbessou jusqu’au Secrétariat général, tu as gravi chaque marche à la sueur de ton front. Tu as incarné cette culture que le Professeur Maurice Kamto a voulue: celle où vous vous appelez « Amis Politiques » et non camarades, celle qui fabrique ses talents depuis la cellule.
On t’a vu, bien que cadre d’entreprise chez Orange, Huawei, Docteur en Administration des affaires, te proclamer toi-même « Taliban, et fier ». De manager, tu as choisi de n’être qu’un militant de terrain. C’est ça ta plus grande force: ton humilité légendaire. Tu n’as jamais eu honte du terrain.
Et quand le moment de la grande convention du 17 octobre 2026 est venu, tu as montré ce qu’est un vrai homme d’État.
Le Cameroun entier parle de toi aujourd’hui comme « candidat à la présidence du MRC », mais moi je choisis de parler d’un monsieur qui, par ses choix, sa mesure et ses ambitions politiques, a réussi à protéger le bien commun. Oui, tu viens de nous asséner un grand coup, un coup de maître.
Alors que beaucoup auraient tout cassé, toi tu as choisi de préserver la maison. Le 14 octobre, à 72 heures du scrutin, tu as annoncé ton retrait. Non pas par peur, mais par grandeur. Tu as écrit : « Fidèles à nos convictions et soucieux de préserver la dignité de notre engagement politique », pour éviter une crise post-électorale qui aurait fragilisé le parti à l’approche de 2027.
Tu as dénoncé un fichier « profondément vicié » avec courage, puis tu as eu l’élégance de féliciter ta sœur Tiriane Noah et de dire : « Mon nom n’est pas à vendre ». Tu as refusé que ton nom serve à régler des comptes contre ton propre parti politique.
Voilà ce qu’est la loyauté. Voilà ce qu’est le militantisme à promouvoir.
Tu n’as pas perdu une élection, au contraire tu as gagné du respect en choisissant de te sacrifier pour l’intérêt commun. Tu es devenu un modèle pour toute une génération, donc pour moi tu viens de gagner l’histoire. Comme Reagan en 1976 ou Mitterrand en 1965.
J’ai appris à me prosterner devant de grands esprits, alors reçois ta révérence.

