La bataille continue contre le Mediator, pas loin d’un demi-siècle après son lancement et quatorze ans après son retrait. Cet antidiabétique du laboratoire Servier, prescrit comme coupe-faim, a été délivré pendant trente-trois ans à 5 millions de personnes, majoritairement des femmes, alors qu’il était non seulement inefficace, mais dangereux.
Le premier procès de ce scandale, révélé grâce à la ténacité de la pneumologue Irène Frachon, ouvert en septembre 2019, avait abouti à la condamnation du laboratoire à une amende de 2,7 millions d’euros pour « tromperie aggravée » et « homicides et blessures involontaires ». Décédé en 2014, Jacques Servier, son patron gourou, avait échappé à toute sanction, mais son ex-bras droit, Jean-Philippe Seta, avait lui-même été condamné à quatre ans de prison avec sursis et 90.600 euros d’amende.
« Entre 1.520 et 2.100 morts »
C’est le second round de cette lutte sans merci qui doit s’ouvrir ce lundi, en appel, et pour six mois, dans la « salle des grands procès » de l’ancien Palais de justice de Paris, où se déroulent les audiences consacrées aux attentats terroristes. de novembre 2015 et juillet 2016.
Fini le terrorisme, place au crime industriel… Pas moins meurtrier, en l’occurrence. Selon la justice elle-même, le Médiateur aurait généré « entre 3.100 et 4.200 hospitalisations pour insuffisance valvulaire », « entre 1.700 et 2.350 chirurgies de remplacement valvulaire » et enfin, « entre 1 520 et 2 100 morts ».
Les Laboratoires Servier, deuxième groupe pharmaceutique français, « à partir de 1995 avait suffisamment d’informations pour prendre conscience des risques mortels » de leur produit, mais ils « n’a jamais pris les mesures nécessaires »coupable d’un « fraude d’une ampleur considérable et sans précédent », a expliqué le tribunal en mars 2021.
Pour cause de prescription, ce dernier avait pourtant dégagé la…

