Après plusieurs semaines de tensions institutionnelles consécutives à la rupture du contrat liant la Société Générale de Surveillance (SGS) Cameroun S.A. au Port Autonome de Douala (PAD), une issue concertée semble se dessiner.
Dans une correspondance officielle marquée du sceau « confidentiel », le Directeur général du PAD annonce l’ouverture d’un nouveau cadre de discussions visant à examiner les modalités de reprise des activités de scanning des marchandises au terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri.
Cette initiative intervient sur la base des hautes prescriptions du Premier ministre, chef du Gouvernement Biya, notifiées au PAD fin janvier 2026.
Le Directeur général du PAD y convie la Direction générale de la SGS à une réunion qu’il présidera personnellement le mercredi 4 février 2026, au siège de l’institution portuaire, afin d’examiner les conditions pratiques d’une éventuelle reprise des opérations d’inspection par scanning.
Selon le document, plusieurs points majeurs seront au cœur des échanges. Il s’agira notamment d’évaluer les modalités d’octroi à la SGS d’une autorisation d’exercer au port de Douala-Bonabéri, conformément au décret de réorganisation du PAD de janvier 2019, les conditions d’occupation du domaine public portuaire, ainsi que les mécanismes de mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire des activités.
Au-delà de ces aspects réglementaires et opérationnels, le PAD entend également se pencher sur l’impact réel des activités de scanning sur les délais de passage portuaire des marchandises, un point sensible au regard des objectifs de compétitivité du principal port du Cameroun. Les coûts logistiques supportés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A.) feront aussi l’objet d’un examen approfondi.
Fait notable, la correspondance évoque explicitement l’examen de l’hypothèse d’une collaboration entre la SGS Cameroun S.A. et la société Transatlantis D.S.A., ouvrant ainsi la voie à un schéma partenarial inédit dans la gestion du scanning portuaire. Une option qui pourrait contribuer à apaiser la crise, tout en conciliant exigences sécuritaires, performance logistique et intérêts de l’État.
Cette réunion est attendue comme un tournant décisif dans un dossier qui a pris une dimension gouvernementale et suscité de vifs débats au sein de la communauté portuaire et économique nationale. Les conclusions qui en découleront pourraient redéfinir durablement l’organisation du contrôle non intrusif des marchandises au port de Douala-Bonabéri.
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