Au terme de deux journées de travaux tenues à l’Hôtel Franco, les parties prenantes de la gouvernance foncière ont achevé, ce jeudi 1er octobre 2026, la deuxième session de la Plateforme Multi-Acteurs de Concertation (PMAC), sous la présidence du ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières, Henri Eyebe Ayissi.
Ouverte le mercredi 30 septembre 2026, la session a été consacrée à l’examen du diagnostic de la gestion foncière, domaniale et cadastrale au Cameroun, présenté par l’Assistant Technique du Projet Villes et Gestion Foncière Durables (PVGFD), le Dr Samuel Nguifo. Les échanges ont porté sur la nécessité d’un cadastre polyvalent générateur de ressources, à l’image des expériences marocaine, malienne et nigériane ; sur la distinction entre foncier urbain et rural ; sur l’opportunité d’un moratoire dans l’attribution des terres ; sur la dévolution de la personnalité juridique aux chefferies traditionnelles ; sur l’encadrement de la notion de peuples autochtones ; ainsi que sur le renforcement de la coordination interministérielle.
Les travaux, organisés en cinq groupes thématiques: administrations publiques, MINDCAF, secteur privé et ordres professionnels, communautés locales et peuples autochtones, femmes et jeunes, ont permis d’enrichir le projet de Document de Politique Nationale en matière foncière et domaniale. Parmi les recommandations enregistrées figurent la transmission des lettres de désignation des parties prenantes au MINDCAF, la création d’une unité de suivi au sein de chaque structure représentée, la création d’une Agence nationale du cadastre et de l’information foncière, ainsi que le renforcement de la politique de subvention des entreprises à capital public telles que la MAETUR, la SIC et la MAGZI.
Dans son discours de clôture, le Ministre Henri Eyebe Ayissi a salué la maturité du dialogue multi-acteurs, devenu « le laboratoire par excellence de l’intelligence collective au service de la terre ». Il a indiqué que les contributions recueillies consolideront les piliers de la vision stratégique, notamment la sécurisation des droits fonciers coutumiers, la participation des chefferies traditionnelles à la gestion des dépendances du domaine national, l’optimisation économique du patrimoine foncier national, la digitalisation intégrale du cadastre et des conservations foncières, ainsi que l’intégration transversale du genre, de la décentralisation et des exigences climatiques.
La feuille de route gouvernementale s’articulera désormais autour de trois jalons : la consolidation finale du Document de Politique Nationale de référence, la convocation de l’Équipe Interministérielle chargée de la finalisation de la réforme, et le lancement des consultations interrégionales sur les textes d’application de la future loi portant régime foncier et domanial.
Le ministre a exprimé la gratitude du Gouvernement à la Banque Mondiale, partenaire technique et financier de premier plan à travers le PVGFD, déployé conjointement avec le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, ainsi qu’à la FAO, à la GIZ et aux agences du Système des Nations Unies. Il a également salué l’engagement des organisations de la société civile, des réseaux de femmes et de jeunes, et rendu hommage aux autorités traditionnelles, « gardiens sacrés de nos terres et de nos traditions ».
Les travaux de la deuxième session de la PMAC ont été officiellement déclarés clos.

