Yaoundé abrite l’événement depuis le 9 septembre 2026, sous la présidence du ministre des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo. Articulé autour de débats et d’ateliers, le rendez-vous organisé par l’Association africaine de primatologie (APS) nourrit l’ambition de traduire la connaissance scientifique en actions concertées, inclusives et respectueuses des communautés qui vivent aux côtés des primates.
À l’heure où plus de la moitié des primates d’Afrique sont menacés, et où crises sanitaires et pressions anthropiques se conjuguent pour fragiliser écosystèmes et populations, le 4ᵉ congrès de l’Association africaine de primatologie (APS) veut replacer les savoirs locaux au cœur des stratégies de protection.
Au palais des congrès de Yaoundé, où se déroule l’événement jusqu’au 11 septembre 2026, on a appris dès l’ouverture que : sur 107 espèces africaines, 18 sont en danger critique, 48 sont en danger et 38 sont vulnérables. Ces statistiques rendent tangible la menace d’extinction imminente. Au-delà des bilans alarmants, un accent est mis sur l’articulation entre biodiversité et sécurité humaine, traduite dans les faits par l’émergence des zoonoses, la perte de services écosystémiques et l’appauvrissement des moyens de subsistance des populations rurales.
Les débats et ateliers organisés à l’occasion de ce congrès de l’APS sont guidés par le thème : « Primatologie éthique : reconnaître le rôle des communautés locales et autochtones dans la conservation des primates africains ». Le choix de ce thème n’est pas anodin.
À la vérité, il réoriente la conservation depuis une logique parfois exclusivement scientifique ou protectionniste vers une démarche qui reconnaît les droits, traditions et connaissances autochtones. Plusieurs communications ont d’ailleurs illustré comment les pratiques locales, lorsqu’elles sont respectées et intégrées, deviennent des leviers puissants pour la protection des habitats. Des études de cas présentées montrent aussi que les projets imposés sans consultation entraînent conflits et échecs ; réciproquement, la co-construction des plans d’action favorise l’appropriation et la durabilité.
Les objectifs du congrès sont donc bien clairs et ambitieux. Pour l’APS, il est question de faire le point sur les avancées régionales en primatologie, de diffuser des résultats de terrain couvrant l’écologie, la maladie, les interactions homme-primate et le tourisme durable, et de renforcer l’organisation même de l’APS pour qu’elle porte un leadership africain renforcé. En ce qui concerne les attentes, elles s’articulent autour de la création de protocoles de collaboration, de la formation ciblée des jeunes chercheurs, et de montages financiers pour soutenir des projets communautaires sur le long terme.
Parmi les temps forts annoncés figurent, en bonne place, des plénières internationales, des panels où siègeront des représentants de communautés locales, des sessions de formation post-congrès et une excursion au parc de la Mefou. L’assemblée générale, qui procédera à l’installation du nouveau bureau exécutif, est perçue comme une étape majeure pour traduire les résolutions en gouvernance opérationnelle.

