La succession à la tête du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) se déroule dans un climat de tensions internes, de contestations et de divisions, selon Okala Ebodé, qui a vivement critiqué le processus ayant conduit Tiriane Babine Nadège Noah à se retrouver seule en lice pour la présidence du parti.
Dans une déclaration datée du 17 octobre 2026, l’auteur estime que la convention du MRC ne constitue pas une démonstration de démocratie interne, mais l’aboutissement d’une crise politique engagée, selon lui, depuis le 25 juin 2025.
« Le MRC n’a pas organisé sa succession. Il a organisé la confiscation de son propre avenir », affirme-t-il, mettant en cause les conditions dans lesquelles s’est déroulée la transition à la tête de la formation politique d’opposition.
Lire la déclaration d’Okala Ebodé :
DU 25 JUIN 2025 AU 17 OCTOBRE 2026 : UNE ÉLECTION FONDÉE SUR LES RUINES
Ce qui se déroule au MRC n’est ni une transition maîtrisée ni une démonstration d’unité. C’est l’aboutissement d’une succession de renoncements, de violations statutaires, de retournements d’alliances, de compromissions et de deals politiques.
Que personne ne s’y trompe : ce qui sera proclamé le 17 octobre 2026 ne sera pas la victoire de la démocratie interne. Ce sera le couronnement d’une candidature demeurée seule après le retrait de son unique adversaire, sur fond de contestations statutaires, de procédures judiciaires et de soupçons pesant sur la sincérité du processus.
Maurice KAMTO n’a pas résolu la crise provoquée par son retour contesté à la tête du parti. Il a quitté le terrain en laissant derrière lui des décisions litigieuses, des exclusions contestées, des procédures judiciaires pendantes et un parti profondément fracturé. Sa démission ne régularise rien. Politiquement, elle consacre l’échec de la stratégie engagée depuis le 25 juin 2025. Après avoir voulu imposer son retour, il a finalement abdiqué. C’est une reddition politique.
Mamadou YACOUBA avait, à son tour, annoncé son retrait de la direction pour retrouver sa place de simple militant. Le voici désormais coordonnateur de la campagne de Tiriane Noah, celle-là même avec laquelle les divergences étaient hier encore profondes et publiques. Ce spectaculaire retournement n’est pas une réconciliation fondée sur des principes. Il porte un nom : la compromission politique. Les convictions proclamées hier ont été sacrifiées aujourd’hui sur l’autel de la conservation de l’appareil.
Le retrait de Pierre-Emmanuel Binyam, après ses dénonciations portant sur le fichier électoral, les conditions de participation et l’équité du processus, achève de vider cette Convention de sa substance démocratique. Il ne reste plus une compétition, mais une candidature unique soumise à ratification. Il ne s’agit plus de permettre aux délégués de choisir entre plusieurs orientations, mais de consacrer une issue devenue inévitable après l’élimination ou le retrait de toute alternative.
Tiriane Babine Nadège NOAH pourra donc être déclarée élue. Mais cette proclamation ne constituera pas une victoire : elle consacrera une accession sans adversaire, au terme d’un processus vidé de toute compétition après le retrait de l’unique candidature concurrente. Elle héritera d’une présidence, mais pas d’un parti réconcilié ; d’un appareil, mais pas d’un consentement incontestable ; d’un vote, mais pas d’une légitimité débarrassée du soupçon.
Le MRC sort de cette séquence diminué, affaibli, déchiré et politiquement méconnaissable. Les contentieux demeurent. Les irrégularités dénoncées demeurent. Les exigences de reddition des comptes demeurent.
Le MRC n’a pas organisé sa succession. Il a organisé la confiscation de son propre avenir.
Ils pourront compter les bulletins, proclamer un résultat et distribuer les fonctions. Ils ne pourront pas effacer les violations dénoncées, faire disparaître les procédures judiciaires, reconstituer la confiance détruite ni transformer une compromission politique en victoire collective.
Le 17 octobre, Tiriane Babine Nadège NOAH pourra conquérir la présidence du MRC. Mais que restera-t-il à présider ? Un parti déchiré, un appareil affaibli et une victoire à la Pyrrhus obtenue sur les ruines de sa propre légitimité.
Nkol’Ossan le 17 Octobre 2026

