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Lucas Kamdem : « l’église a semé les graines de l’incertitude en Afrique »

L’auteur de « Lettre d’un Africain au Pape François », administrateur civil principal hors échelle à la retraite et chef d’entreprise, pense que la religion est en partie responsable du sous-développement de ce continent.

Vous êtes l’auteur d’un ouvrage de 526 pages paru récemment et intitulé « Lettre d’un Africain au pape François ». Que peut-on en retenir?

On doit retenir de cette lettre que l’Afrique a des valeurs que le; Africains doivent eux- mêmes les découvrir. Et que l’Occident doit, peut-être enfin, également les découvrir.

Pour que l’Afrique se mette debout, libre politiquement, économiquement et spirituellement, il n’y a pas mille chemins que de rentrer à ses sources, pour découvrir sa culture, ses traditions ; voir ce qu’il y a de bon dans ses traditions, dans sa culture et l’adapter au monde moderne, vivre avec et être heureuse.

Qu’est-ce qui a inspiré la rédaction de cet ouvrage ?

Le constat, c’est qu’il y a pas mal de dérives qu’on observe aujourd’hui au sein de nos églises, de la part des prêtres et même des évêques. Si rien n’est fait, ces dérives peuvent conduire le peuple africain vers la perdition. C’est vraiment ce premier constat-là qui a inspiré la rédaction de cette lettre.

Mais quand on rentre un peu plus dans l’histoire, on se rend compte d’avoir semé les graines de la peur, de l’incertitude et de l’indécision dans l’esprit des Africains à un niveau tel que, si nous ne prenons pas conscience de cette réalité-là, nous aurons beau nous battre, nous finirons toujours dans cette misère ambiance observée partout.

Et pour sortir de cette misère-là, il faut impérativement que les prêtres, les évêques, les pasteurs et autres qui ont tant d’influence sur les Africains participent au combat non pas en vendant un hypothétique paradis futur, mais en faisant en sorte que les uns et les autres créent des richesses. Je suis moi-même entrepreneur et sais ce que ça veut dire, il faut que les Africains apprennent à créer des richesses, s’ils veulent être financièrement libres ou sortir un peu de la pauvreté.

Est-ce un procès de l’église catholique romaine ?

Ce n’est pas véritablement un procès. Je ne peux pas parler de procès. J’ai envie de demander qui suis-je pour me mettre dans un tel procès. Je relève un certain nombre d’éléments qui font en sorte que l’Afrique soit dans la situation où elle se trouve. « La lettre d’un Africain au pape François » est en réalité une lettre d’un Africain aux autres Africains. Après les recherches, les expériences, les observations et tout ce que j’ai vu pendant des années (âgé d’environ 63 ans), je réalise qu’il y a des bases sur lesquelles nous devons revenir.

Mutations

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