Le projet de loi visant à compléter et à modifier certaines dispositions de la Constitution de 1972 modifiée et complétée en 1996 et 2008 a été adopté ce samedi par le parlement réuni en congrès. Ceci, après une discussion générale de plus de quatre heures.
Le texte a été défendu par le ministre d’État, ministre de la Justice, garde des Sceaux, Laurent Esso. L’innovation majeure est l’intégration d’un poste de vice-président de la République dans l’architecture institutionnelle du Cameroun. Celui-ci peut être nommé par le président de la République et non élu comme une partie de l’opposition l’avait souhaité.
La loi instituant le poste de vice-président de la République a été votée au parlement réuni en congrès ce samedi 4 avril 2026 à la majorité écrasante, soit 205 voix pour, 16 voix contre et 3 bulletins nuls.
Cette loi a été défendue avec succès, malgré quelques frayeurs, par le ministre d’État, ministre de la Justice, Garde des Sceaux Laurent Esso, qu’assistaient le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, le Dr Momo Jean de Dieu, le secrétaire d’État auprès du ministre de la Justice chargé de l’administration pénitentiaire, M. Dooh Jérôme Penbaga, et le ministre délégué à la présidence chargé des relations avec les Assemblées, le Dr François Bolvine Wakata.
« Le Congrès adopte le Projet de Loi N°2094/PJL/P. En attendant sa promulgation par le Président de la République, le poste de Vice-président est institué » a déclaré le Très Honorable, Théodore Datouo, président du Congrès.
Avec un vote clair, le congrès donne carte blanche au projet soumis par Paul Biya. Avec cette adoption, le Cameroun bascule dans une présidence avec deux personnalités clés : le chef de l’État élu et un Vice-président nommé.
En cas de vacance au pouvoir, c’est le Vice-président qui prendra le pouvoir, contrairement à l’actuelle constitution qui donnait le pouvoir au président du Sénat. Dans les prochains jours, le président Paul Biya devrait promulguer cette loi. Il procédera également conformément à ce texte à la nomination d’un Vice-président de la République. Une nouvelle architecture qui va ouvrir une nouvelle ère dans l’histoire politique du Cameroun.
Cette réforme suscite beaucoup d’interrogations au sein de la classe politique et des leaders d’opinion. Certains caciques de l’opposition dénoncent un projet de loi visant à priver le peuple de son pouvoir décisionnel.

