Il est temps de crever l’abcès. Si le préambule de notre Constitution mentionne l’autochtonie pour protéger les minorités, l’utilisation qui en est faite aujourd’hui est une abjection.
Par Simba Meçu Tchame
Le régime de Yaoundé a volontairement entretenu un flou juridique sur cette notion, un silence coupable qui n’est pas le fruit du hasard, mais une stratégie machiavélique.
Pourquoi un sujet aussi inflammable, qui conditionne le vivre-ensemble, n’a-t-il jamais fait l’objet d’une définition législative claire ?
Pourquoi ne définit-on pas juridiquement les contours de l’autochtonie et de l’allogénie ? La réponse est limpide : le flou sert les intérêts villageois du régime.
En laissant la porte ouverte à toutes les interprétations, le pouvoir a permis à des « experts » autoproclamés et à des marchands de haine de prendre possession de l’espace public.
Ce « court-circuit » juridique est le terreau fertile où prolifèrent les discours de démence tribale.
La nature ayant horreur du vide, ce sont les chantres de la division qui dictent désormais la loi.
Soyons honnêtes, disons-nous les vérités qui fâchent.
Qui, parmi les soi-disant « autochtones » spoliés, peut citer un seul cas où un Bamiléké aurait volé son terrain ?
La réalité est tout autre : on vend sa terre, on dilapide l’argent dans des plaisirs éphémères, et une fois la poche vide, l’aigreur prend le dessus.
On invoque alors le slogan magique : « Nous sommes chez nous, rentrez chez vous ! »
C’est une arnaque morale, un mécanisme de défense pathologique pour masquer sa propre faillite à gérer son patrimoine.
Le Cameroun ne ressemble plus à une nation. Il ressemble à un agrégat de villages hostiles, une juxtaposition de tribus où chacun guette la chute de l’autre pour réclamer un lopin de terre.
Et nous savons tous qui tire les ficelles de ce théâtre de marionnettes : ceux qui savent que diviser pour régner est la seule recette pour se maintenir indéfiniment.
Les récents événements de Zoétélé, marqués par une haine anti-Bamiléké décomplexée, ne sont que le symptôme d’une gangrène avancée.
Que ceux qui s’adonnent à ce jeu dangereux le sachent : la loi pénale punit la propagation de la haine et la mise en péril de la cohésion sociale.
Le régime qui, aujourd’hui, finance cette division devra répondre, un jour ou l’autre, de ces actes devant la justice.
Le principe sournois, instauré dès 1982, est sans doute la touche la plus sadique de notre histoire politique. Il a transformé le citoyen camerounais en un étranger sur sa propre terre.
Le verdict est sans appel : « Plus jamais ça. »
La page du RDPC doit être tournée, non pas dans un an ou dans dix ans, mais au plus vite, pour sauver ce qu’il reste de notre tissu social.
Nous ne voulons plus d’un pays de « maîtres » et d' »étrangers ».
Nous voulons un Cameroun où le droit de propriété et la liberté de circuler ne sont pas des slogans constitutionnels, mais des réalités vécues.
La Renaissance ne tolérera plus ces archaïsmes qui nous tirent vers le bas.
Simba Meçu Tchame
Architecte-Juriste

