Depuis 25 ans maintenant, Pinar Selek, militante, écrivaine et enseignante-chercheuse franco-turque, est victime d’un harcèlement politique et judiciaire de la part du régime turc. 25 ans : la moitié de sa vie.
Pinar Selek a été emprisonnée et torturée en 1998, alors qu’elle effectuait des recherches sur les mouvements de protestation kurdes en Turquie. La police voulait qu’elle donne des noms. Face à son refus, elle a ensuite été accusée d’avoir fomenté un « acte terroriste », l’explosion d’une bombe au marché aux épices d’Istanbul deux jours avant son arrestation.
Peu importe que plusieurs expertises aient démontré que l’explosion était d’origine accidentelle, peu importe que le seul « témoin » des faits ait reconnu avoir produit un faux témoignage sous la torture : Pinar Selek est resté en prison pendant deux ans et demi , puis subit un procès kafkaïen. A quatre reprises, les tribunaux turcs l’ont acquittée ; à chaque fois, le procureur a fait appel et a fait casser la décision. Pinar Selek a dû se réfugier en Allemagne, puis en France, où elle vit depuis onze ans.
Son dernier acquittement, datant de 2014, a été annulé le 21 juin 2022 par la Cour suprême de Turquie, qui l’a condamnée à la prison à vie avec un mandat d’arrêt international. Cette décision sera confirmée ou non par la cour d’assises d’Istanbul le 31 mars.
Pinar Selek, comme tant d’autres, paie le prix de la politique insensée de répression du régime turc contre quiconque ose s’y opposer.
Nous, élus de la nation, dénonçons ce piétinement de l’État de droit et des valeurs fondamentales que sont la démocratie, la liberté d’expression et la liberté intellectuelle. Nous condamnons cette parodie de justice, et nous appelons Emmanuel Macron et le gouvernement français à faire de même et à assurer la sécurité de nos concitoyens sur le territoire français. Leur position de soutien à Pinar Selek doit être officielle et sans concession. Il est de leur devoir d’appeler les autorités turques à annuler la condamnation et à cesser leur politique liberticide contre les opposants et les minorités.
Certains d’entre nous formeront une délégation parlementaire qui se rendra à Istanbul le 31 mars pour manifester notre soutien et notre solidarité à Pinar Selek, et à tous ceux qui, pour avoir milité pour la démocratie ou simplement pour avoir fait leur travail, sont emprisonnés, torturés , tués ou contraints à l’exil.
En attendant, nous invitons tous les démocrates et progressistes à participer à la conférence de soutien à Pinar Selek qui aura lieu le mercredi 29 mars à l’Hôtel de ville de Paris.
Signataires : Pascale MARTINdéputé de la Dordogne ; Nadège ABOMANGOLIdéputé de Seine-Saint-Denis ; Gabriel AMARD, député du Rhône ; Martine Ségolène AMIOTdéputé de Loire-Atlantique ; Clémentine AUTAINdéputé de Seine-Saint-Denis ; Manuel BOMPARDdéputé des…

