La Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam) fait face à des difficultés financières importantes, comme l’a souligné le directeur général de l’entreprise, Edouard Ebah Abada, dans une note interne adressée au personnel. Suite à une réunion entre la direction générale et les délégués du personnel, il a été décidé que les salaires du mois d’avril 2023 seraient payés en espèces, si les recettes des ventes du pagne de la Journée internationale des enseignants le permettaient.
Cependant, les fonds réunis ne sont pas suffisants pour payer l’intégralité des salaires, ce qui a conduit à la mise en place d’un paiement en deux tranches. Une avance de 50 000 FCFA par employé sera versée le 1er septembre 2023, et le solde sera payé dès que les recettes des ventes seront réunies.
La Cicam fait face à une dette de plus de 22 milliards de FCFA et accumule des déficits chaque année, selon un rapport du Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN). Depuis 2021, l’entreprise a affiché un résultat négatif de 3,55 milliards FCFA, malgré un capital de 1,15 milliard de FCFA.
Cette situation difficile s’explique en partie par la concurrence des tissus en provenance des pays d’Asie et d’Afrique de l’Ouest. La Cicam ne contrôle qu’à peine 5% des parts du marché du pagne dans le pays, tandis que les produits en provenance d’Asie, principalement de la Chine, représentent 80% du marché, suivis par le Nigéria avec 10% et les autres pays de l’Afrique de l’Ouest avec 5%.
Le BMN estime que la restructuration de la Cicam nécessiterait un investissement compris entre 30,7 et 48,2 milliards de FCFA, selon que l’État agisse seul ou en partenariat avec le secteur privé.
Face à ces défis, la Cicam cherche des solutions pour redresser sa situation financière. La restructuration de l’entreprise semble inévitable pour assurer sa survie à long terme. Il est essentiel de trouver des moyens de moderniser l’appareil de production et d’améliorer la compétitivité de l’entreprise sur le marché du pagne.
Des mesures telles que l’investissement dans de nouvelles technologies, le renforcement de la recherche et du développement, ainsi que l’exploration de partenariats avec d’autres acteurs de l’industrie pourraient être envisagées. De plus, une stratégie de marketing efficace et une diversification des produits pourraient aider la Cicam à accroître sa part de marché.
Il est également important que l’État et le secteur privé collaborent étroitement pour soutenir la restructuration de l’entreprise. Un investissement financier substantiel sera nécessaire, mais il est essentiel de sauvegarder les emplois et de préserver l’industrie du coton au Cameroun.
La Cicam est confrontée à des défis financiers importants, mais des mesures appropriées peuvent être prises pour surmonter ces difficultés et assurer un avenir plus prospère pour l’entreprise. Une restructuration complète, soutenue par des investissements et une collaboration entre l’État et le secteur privé, pourrait être la clé pour relancer la Cicam et renforcer son rôle dans l’industrie du coton au Cameroun.

