Face au faible niveau des nappes phréatiques dans certaines régions, le spectre d’une nouvelle sécheresse cet été inquiète le monde agricole. Alors que quatre départements français sont déjà soumis à des mesures de restriction d’eau, les agriculteurs cherchent des moyens de consommer moins d’eau tout en assurant leur activité.
« Dans certains champs, c’est déjà très sec. La situation est grave », prévient Olivier Dauger, référent climat énergie à la Fédération nationale des syndicats d’agriculteurs (FNSEA). A peine remis d’un été 2022 marqué par une sécheresse historique, et confrontés à un hiver tout aussi sec, les agriculteurs s’apprêtent à devoir à nouveau faire face au manque d’eau et à de nombreuses restrictions.
Samedi 25 février, en visite pour l’inauguration du Salon international de l’agriculture à Paris, Emmanuel Macron a appelé à « un plan sobriété sur l’eau », sur le modèle de la « sobriété énergétique », évoquant, une nouvelle fois, « la fin de l’abondance ». . « Il faut que nous tous – citoyens, industriels, services, collectivités, agriculteurs – (portions) attention à cette ressource qui se raréfie » et « que nous nous dirigions vers des comportements de sobriété dans nos pratiques », a encore exhorté le président. de la République. « La situation est plus grave que l’an dernier à la même époque et nous avons deux mois de retard sur la recharge des nappes phréatiques », a de son côté rappelé le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu dans un entretien au Journal du dimanche.
Sur le territoire français, quatre départements connaissent déjà des restrictions d’eau, obligeant notamment les agriculteurs à réduire leurs prélèvements. « C’est un scénario qui se répète de plus en plus », déplore Olivier Dauger, avec un constat clair : « l’eau devient progressivement une denrée rare qu’on ne peut plus consommer sans limite. »
« Aujourd’hui, je veux être optimiste et espérer qu’il pleuve au printemps et que les nappes phréatiques se rechargent », poursuit l’agriculteur. « Mais cela ne résoudrait le problème qu’à court terme. Aujourd’hui, il est urgent de changer nos pratiques pour nous adapter à cette nouvelle réalité des économies d’eau. »
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Moderniser les équipements d’irrigation
« En France, l’agriculture représente près de 50% de la consommation d’eau », explique Sami Bouarfa, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et directeur adjoint du département AQUA. Dans le détail, sur une moyenne de 200 milliards de m3 d’eau disponible par an dans la nature, 30 milliards sont prélevés et 3,2 milliards sont destinés à l’agriculture – loin derrière le refroidissement…

