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Éric Mathias Owona Nguini estime qu’il est anormal pour les médias de donner la parole à un ennemi du Cameroun en cette période de crise sécuritaire

Il a ainsi réagi à la suite de l’interview que le leader sécessionniste Sissuku Ayuk Tabé accordé au quotidien Le Messager. L’universitaire pense que les médias camerounais sont coupables de ce genre d’impairs malgré les appels à l’ordre du ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji.

«La liberté n’est pas une liberté absolue, elle est toujours conditionnée. Il y a un certain nombre de référentiels qui l’aménagent. Les médias camerounais que ce soient télévisés ou autres, sont libres d’avoir les lignes éditoriales qu’ils veulent, tant que ces lignes éditoriales ne mettent pas en question les impératifs de sécurité nationale», a-t-il déclaré. C’était le 15 mars dernier, au cours de l’émission Club d’élites sur les antennes de Vision 4.

La position du Prof Éric Mathias Owona Nguini

Par la suite, le professeur d’université n’a pas caché sa stupeur face au choix éditorial du quotidien privé Le Messager qui a réservé la une de son édition du 11 mars 2020, ainsi que deux pages de cette parution à une interview de Sisuku Ayuk Tabe, président autoproclamé de la république fantoche d’Ambazonie, condamné en aout 2019 à la prison à perpétuité avec 9 de ses compagnons pour des faits de sécession et de terrorisme. Pour Owona Nguini, cette démarche journalistique s’apparente à une apologie manifeste de la sécession.

«Peut-on au nom de la liberté d’expression donner la parole au chef politique d’un mouvement armé qui s’est attaqué à l’intégrité du Cameroun, qui a assumé politiquement dans des prises de position médiatique des actions armées contre la République du Cameroun? On le met en une, on lui accorde deux pages d’interview dans un moment où les forces de défense et de sécurité du Cameroun, font face à un conflit qui est particulièrement difficile. Parce qu’il relève de la guerre intérieure. Et dans cette guerre intérieure, les groupes armés se cachent parmi les populations. Est-ce-que c’est normal ce que Le Messager a eu à faire ?», s’est-il interrogé.

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