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CAN 2021 : les équipes convoyées par l’armée à Limbé et Buéa

A l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) Cameroun 2021, les formations basées à Limbe et Buea (groupe F) se déplacent entre les deux villes en crise, accompagnées par plusieurs militaires lourdement armés.

C’est entouré de deux blindés légers que le bus de la Gamble quitte son hôtel (Paliamentarial Flats), situé à Buea, pour se rendre à l’entraînement au Molyko Stadium, basé dans la même ville, ce mardi 11 janvier 2022. Les deux véhicules de l’armée, disposés devant et derrière le gros porteur, sont équipés chacun d’une mitraillette.

Ils ont à leur bord une quinzaine d’éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir, régiment d’élite de l’armée camerounaise), cagoulés pour la grande majorité, casque fixé sur la tête, gilet pare-balles sur les épaules, et fusil d’assaut aux points, avec plusieurs chargeurs en réserve.

Le déploiement militaire est moins impressionnant pour la sélection mauritanienne, basée quant à elle à Limbe. Entre le Fïmi Hôtel et Middle Farms Stadium, le bus des Mourabitounes est protégé par deux pickup légers (devant et derrière), contenant chacun une quinzaine de soldats, équipés eux aussi comme leurs collègues cités plus haut. Avant l’entrée sur la pelouse des hommes de Didier Gomes Darosa, deux éléments du Bir inspectent les alentours du terrain, à la recherche certainement de potentiels engins explosifs.

Militarisation de Limbe et Buea

Au-delà de la protection renforcée des deux équipes et des stades, les villes de Limbe et Buea sont totalement militarisées, la seconde encore plus. A quasiment tous les carrefours, et le long de certaines routes, on rencontre parfois des militaires, d’autres fois des policiers, tous fusil d’assaut en main, avec plusieurs chargeurs accrochés au gilet pare-balles. On peut y apercevoir aussi des pick-up équipés de mitrailleuses.

Sur les routes, les véhicules des forces armées et de maintien de l’ordre vont et viennent. Dans le ciel, un hélicoptère militaire ratisse parfois la zone à plusieurs reprises.

Malgré cette militarisation, la vie suit son cours dans les deux citées de la région du Sud-Ouest, en proie à la crise anglophone depuis fin 2016. Dans les rues, les populations vaquent normalement à leurs occupations, tandis que les élèves vont et reviennent de l’école.

La circulation est dense, avec des navettes incessantes de véhicules personnels, taxis et moto- taxis. Une fois la nuit tombée, les bars et autres lieux de distraction accueillent des populations qui ne semblent pas vraiment apeurées. Jusqu’à minuit, certains bars et snack-bars restent ouverts, et la musique résonne fortement.

Bref, la présence de l’armée dans les rues n’inquiète pas les habitants.

« Ici à Limbe, la présence de l’armée rassure les populations. L’impression qu’on a de Limbe de l’extérieur est différente de la réalité sur place. Les sens mènent normalement leurs activités », confie un habitant.

Malgré que la vie suive normalement son cours dans les deux villes, on enregistre rarement quelques attaques des « Ambazoniens » (explosion d’engins explosifs improvisés et embuscades tendues à l’armée et assassinat de civils). La dernière en date remonte à ce mercredi 12 janvier 2022.

Selon une source, deux militaires sont décédés après être tombés dans une embuscade des « Amba Boys ». Selon le journaliste tunisien Razi Ganzoui, l’entraînement de la Tunisie prévue ce soir, a été annulé.

Le Messager

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