Cameroun : un étudiant décède dans les cellules du SED

otricngon
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De quoi est mort Jean Calvin Ndong dans la matinée du 5 juillet dernier, alors qu’il était placé en garde à vue dans les cellules du Secrétariat d’Etat à la Défense (SED) chargé de la gendarmerie ? Cette question et bien d’autres alimentent tristesse et colère au quartier Ekoumdoum à Yaoundé où le défunt résidait avec son frère aîné.

Âgé de 25 ans et étudiant en 2e année à la Faculté des Sciences de l’Université de Yaoundé, M. Ndong avait été interpellé deux jours plus tôt précisément dans l’après-midi du vendredi 3 juillet, par les éléments du SED à la suite d’une plainte déposée contre lui par un certain Oba Bertrand, administrateur civil en service à Yaoundé.

L’étudiant était suspecté des faits de viol sur une fillette de 14 ans. La victime, fille de M. Oba, habitait avec ses parents dans un appartement qui se trouve dans le même camp que celui de son supposé bourreau. Une fois au SED, M. Ndong aurait été entendu une première fois par les enquêteurs puis une seconde fois en présence des parents de la victime. Il sera ensuite placé en garde en vue dans les cellules de l’unité.

Entre temps, la famille du mis en cause aurait entrepris des démarches auprès du plaignant en vue de trouver un arrangement à l’amiable. Le lendemain, samedi, l’étudiant sera autorisé à recevoir la visite de ses proches et converser avec d’autres à travers des appels téléphoniques. Mais dimanche matin, M. Ndong aurait été retrouvé mort dans sa cellule.

Chose curieuse, sans qu’aucune autopsie n’ait été pratiquée sur le corps par l’homme de l’art, les responsables du SED auraient directement pris la décision de transporter les restes mortuaires de l’étudiant à la morgue de l’Hôpital central de Yaoundé. La famille de ce dernier sera plus tard informée que leur fils s’est suicidé. Une version officielle balayée du revers de la main.

Lundi passé, Kalara s’est rendu dans le camp où habitent les parties pour recouper l’information. Il y régnait comme un climat de guerre. Des insultes et bagarres agrémentent désormais le quotidien des occupants. Au moment où nous quittions les lieux, M. Oba avait fait appel aux éléments de la gendarmerie pour assurer sa sécurité après avoir extirpé sa famille des lieux.

Notons que la garde à vue est une mesure de police en vertu de laquelle une personne est, en vite la manifestation de la vérité, retenue dans le local de la police ou de la gendarmerie. Le délai de garde à vue ne peut excéder 48h renouvelable une fois. Sauf cas de crime ou de flagrant délit, la mesure ne peut être ordonnée les samedi, dimanche et férié.

Source : Kalara

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