L’homme qui avait fait l’objet d’une interpellation musclée de la part de la sécurité militaire, unité de plus en plus connue dans la répression du terrorisme passe désormais en jugement devant le juge correctionnel.
C’est «une grosse gueule» des réseaux sociaux, particulièrement de Facebook, qui est devenue célèbre auprès des internautes par ‘ ses déclarations tonitruantes au sujet des grandes personnalités de la République. En avril 2020, Sébatien Ebala, puisqu’il s’agit de lui, était allé de l’avis des forces de défense, trop loin dans « ses directs sur Facebook », en appelant les camerounais à descendre dans la rue pour obtenir le départ du président Biya du pouvoir.
Il estimait que l’heure était venue pour que Maurice Kamto, le président élu, selon lui, prenne les commandes du pays. Cette situation n’avait pas fait sourire les hommes de la sécurité militaire, un démembrement du ministre de la défense, qui décidèrent d’interpeller le prétentieux
A la suite de l’interpellation de l’activiste, ses images avaient fait le tour des réseaux sociaux, le montrant dans les cages du Secrétariat d’Etat à la défense. Cet homme a finalement comparu le 11 juin 2020 à l’audience des flagrants délits du Tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif. Il était en compagnie d’un certain Tchebo Tchebo. Ces deux hommes sont aujourd’hui poursuivi pour «outrage au chef de l’Etat».
En fait, l’affaire qui le conduit devant la barre relève du fait qu’il aurait publié, d’après le représentant du parquet, des informations dont il ne peut apporter la preuve à travers sa page facebook et Youtube. Il a allégué, dit-il par exemple que le président élu est Maurice Kamto. Par ailleurs, il aurait incité les populations à se soulever et à descendre dans la rue avant de tenir «des propos outrageants»contre le président Paul Biya dont la quintessence n’a pas été spécifiée.
Le ministère public n’est pas allé en détail dans l’exposé des chefs d’accusation qui ne sont pas encore en sa possession. Quant au compagnon d’infortune de Sébastien Ebala, il lui reproché d’avoir mis à la disposition de l’activiste, entre autres, un téléphone et un ordinateur portables qui ont servi à ce dernier de diffuser les informations au centre du procès. Les mis en cause ont nié les accusations qui leur sont imputées.
M. Tchebo Tchebo qui tenait à tout prix de se faire juger ce même jour, a dit qu’il ne connaissait pas Sébatien Ebala et réfutait le fait de lui avoir remis un quelconque matériel C’est alors que le magistrat du parquet a repris la parole pour solliciter un report de l’affaire, le temps pour lui, de rassembler les preuves de soutien à l’accusation. Les juges ont accédé à cette demande, revoyant h suite du procès au 25 juin prochain.
Comment M. Ebala tt son compagnon d’infortune sont-ils partis des mains de la Semil pour être aujourd’hui présenté devant le juge correctionnel ? Les débats éphémères de la semaine dernière, n’ont pas permis de le savoir. Ce qui est certain, c’est qu’après «son séjour au SED, l’activiste avait été présenté au commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé. H avait ensuite été incarcéré à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, d’où il a été extrait pour être présenté au juge des flagrants délits, le 11 juin 2020. soit trois semaines après sa mis aux arrêts.
Rappelons que M. Ebala est un habitué des milieux judiciaires. Il était en jugement devant le juge correctionnel de citation directe, il y a quelques mois en compagnie en compagnie des journalistes de Radio Soleil Ils étaient poursuivis pour outrage sur la personne du footballeur camerounais, Samuel Eto’o Fils. Son procès notamment pour outrage contre le président de la République reprendra le 25 juin prochain Peut-être qu’à cette occasion, le parquet aura rassemblé l’ensemble des faits mis à la charge de l’activiste et de son supposé acolyte.
Source: Kalara
