À l’occasion du 44ᵉ anniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême, le 6 novembre 1982, le défenseur des droits humains Agbor Balla appelle à une réflexion sur le bilan de la gouvernance, la responsabilité des dirigeants et l’héritage politique à transmettre aux générations futures.
Dans une tribune publiée vendredi, Agbor Balla plaide notamment pour une meilleure protection des droits humains, le renforcement des institutions et une participation plus importante des citoyens à la vie publique.
RÉFLEXION — VENDREDI 6 NOVEMBRE 2026
LEADERSHIP, TEMPS ET HÉRITAGE !
Aujourd’hui marque le 44ᵉ anniversaire de l’accession au pouvoir du président Paul Biya, le 6 novembre 1982. C’est une date marquante dans la vie de notre pays, une occasion de réfléchir au leadership, à la responsabilité et à l’avenir que nous souhaitons bâtir.
Quarante-quatre ans, ce n’est pas seulement une étape politique ; c’est une part substantielle de l’histoire d’une nation. Les enfants nés au début de ce parcours sont désormais des adultes, dont beaucoup ont eux-mêmes des enfants. Leurs espoirs, leurs luttes et leurs expériences donnent tout son sens au passage de ces années.
À mes yeux, la véritable mesure du leadership réside dans les vies qu’il améliore, les droits qu’il protège, les opportunités qu’il crée et les institutions qu’il renforce. Exercer une fonction publique implique la responsabilité de servir les citoyens et de préparer le pays pour les générations à venir.
Quelles que soient nos convictions politiques, nous devrions être capables de porter un regard honnête sur notre trajectoire nationale. Nous devons accepter de reconnaître les réussites, d’examiner les échecs et de faire face aux responsabilités non encore assumées. Aimer son pays exige le courage de poser des questions difficiles et l’humilité d’en écouter les réponses.
Un jeune Camerounais peut-il envisager l’avenir avec confiance ? Les citoyens peuvent-ils s’exprimer et participer de manière significative aux décisions qui affectent leur vie ? Une famille peut-elle avoir l’assurance que la justice sera accessible, que le travail acharné offrira une réelle chance de progresser, et que les institutions publiques seront au service de tous ?
Ces questions méritent notre attention, bien au-delà de toute célébration anniversaire.
En tant que défenseur des droits humains, je considère que la protection de la dignité humaine doit rester au cœur de la gouvernance. La paix exige de la justice, de la confiance et une réelle volonté de répondre aux doléances. L’unité nationale se renforce lorsque les citoyens se sentent écoutés, respectés et inclus.
Mon souhait pour le Cameroun est de voir un pays où les jeunes trouvent des raisons de construire leur avenir sur place ; où le désaccord laisse place au dialogue ; où les institutions inspirent confiance ; et où chaque communauté se sent pleinement intégrée.
Ceux qui exercent le pouvoir portent une responsabilité particulière : celle de créer les conditions nécessaires à cet avenir. Les citoyens, de leur côté, doivent rester engagés, s’organiser pacifiquement et veiller à ce que les détenteurs de charges publiques rendent compte de leurs actes. En ce jour anniversaire, réfléchissons aux années écoulées avec honnêteté et abordons les années à venir avec détermination. Les décisions que nous prenons aujourd’hui façonneront le pays dont hériteront nos enfants.
La véritable mesure, durable, d’un leadership réside dans ce qu’il rend possible pour les citoyens et pour les générations à venir.
Par Agbor Balla

